Se débarrasser de ses ouvriers… pour pas cher

Les entreprises n’hésitent plus à  transférer leur personnel exerçant des fonctions support, et même parfois des fonctions opérationnelles, aux sociétés d’intérim afin de pouvoir mieux faire face aux périodes de baisse d’activité.

Les sociétés de travail temporaire ont la cote ces derniers mois. Et pour cause, les entreprises n’hésitent plus à transférer leur personnel exerçant des fonctions support, et même parfois des fonctions opérationnelles, aux sociétés d’intérim afin de pouvoir mieux faire face aux périodes de baisse d’activité. Il faut dire aussi que l’argumentaire de ces sociétés d’intérim est convaincant.

Dans une simulation faite par l’une d’entre elles à une société de pneumatique de la place, dans le but de la faire signer, on peut lire qu’un ouvrier au Smig qui dépend juridiquement de l’entreprise, percevra en brut 2 337,84 DH (2 190 DH en net) mais qu’en réalité, il lui coûtera 3 179 DH par mois en raison des congés payés, des jours fériés et des coûts relatifs à la gestion en interne du personnel. Par contre, un ouvrier qui dépendra juridiquement de la société d’intérim sera facturé à l’entreprise à 3 319 DH. Certes, cette dernière aura à supporter un surcoût de 140 DH par mois et par ouvrier. Mais en contrepartie de cette charge minime, elle ne sera responsable ni juridiquement ni socialement (CNSS, accident de travail…) de son personnel qui dépendra entièrement de la société d’intérim. En cas de baisse d’activité, elle n’aura donc qu’à demander à celle-ci d’arrêter le contrat de tel intérimaire. Flexibilité totale donc, mais au détriment de la qualité d’emploi et des droits d’ouvriers qui ont peut être travaillé des années dans l’entreprise.