RNI : gouvernement, pas gouvernement…

Le parti préfère l’opposition, jusqu’à  nouvel ordre.

«Nous sommes dans l’opposition jusqu’à nouvel ordre». L’ancien ministre et membre du bureau politique du RNI, Anis Birou, ne pouvait pas être plus direct. Cette déclaration a été faite, mardi dans la soirée, pour éclaircir, une fois pour toutes, la position actuelle du RNI. Le même jour, dans la matinée, un autre responsable politique, le ministre et membre du secrétariat général du PJD, Mohamed Najib Boulif, déclarait dans les locaux de la MAP que la liste des futurs membres du gouvernement Benkirane II était fin prête et qu’«il ne restait plus qu’à la présenter au Roi». Les deux déclarations en disent long sur le cafouillage dans lequel baigne la majorité gouvernementale depuis maintenant près de trois mois. C’est que, à l’heure où nous mettions sous presse, c’est-à-dire à une semaine de l’ouverture par le Souverain de la prochaine session d’automne au Parlement, rien n’indiquait que le gouvernement allait voir le jour dans l’immédiat.

Le RNI, en négociations pour la formation de la nouvelle majorité et non le rafistolage de l’ancienne depuis le 22 juillet, continue théoriquement à siéger dans l’opposition. Dans les faits, les 53 membres du groupe parlementaire du parti ont du mal à prendre position. Comment vont-ils réagir lors des débats en commissions de quelque 117 textes de loi actuellement en cours d’examen, sachant qu’ils risquent de changer de camp du jour au lendemain ? Comment leurs futurs ministres défendraient-ils un budget qu’ils n’auront pas préparé ?  C’est dire combien est légitime l’inquiétude du patron du PPS, Nabil Benabdallah, qui n’a toujours pas réussi à décrocher un rendez-vous pour la réunion de la majorité, malgré son insistance auprès du chef du gouvernement.