Réhabilitation du système de santé : les propositions de la Commission des finances sont-elles réalistes ?

La Commission des finances et du développement économique propose un changement drastique du système de la santé. Si certaines propositions sont susceptibles d’être adoptées très vite, grâce au nouveau fonds de lutte contre le Coronavirus, d’autres sont totalement incongrues. Les contributions au fonds de lutte contre le Covid-19 ont atteint environ 30 milliards de dirhams.

C’est une véritable mue du système de la santé que pro¬pose la Commission des finances et du développe¬ment économique de la Chambre des représentants (voir tableau). Mercredi 18 mars, ladite commission a adressé treize propositions au ministre des finances, Mohamed Benchaâboun. Elles visent toutes à munir ce département des outils nécessaires pour affronter le Covid-19, dans le sillage de la création du Fonds de lutte contre cette pandémie. Déjà, la publication du décret n° 2.20.270 au Bulletin officiel a permis réellement au ministère de réaliser ces opérations d’achat dans un temps record (voir article ci-contre). Après la création du fonds pour la lutte contre le Covid-19, dans lequel le budget de l’Etat contribue à hauteur de 10 milliards de dirhams, la réhabilitation du système de la santé, dans le sens des propositions, sera globalement possible. Maintenant, est-ce que toutes les propositions sont opportunes ? C’est là tout l’enjeu.

La proposition de la Commission des finances de renforcer le budget du ministère de la santé ne pourra être considérée qu’une fois le Coronavirus est endigué.

Le Fonds de lutte se gonfle

Les fonds collectés jusqu’à présent, ayant atteint environ 30 milliards de dirhams, ils sont dédiés spécialement à la lutte contre le Covid-19. Pour ce qui est de la proposition du renforcement des infrastructures, cela peut seulement se faire selon ce qu’exigent les circonstances actuelles. L’achat des équipements étant ce qu’il est après la publication du décret cité, la difficulté résidera dans les propositions nécessitant des ressources humaines supplémentaires.

C’est en l’occurrence le problème des hôpitaux régionaux mobiles, « pouvant être dédiés aux zones éloignées du pays», comme le propose la commission. La même remarque peut être formulée concernant les centres médicaux de proximité. En ce qui concerne la réhabilitation de l’hôpital psychiatrique Ben Smim, il est fermé depuis 1975. Sa rénovation ne sera sans doute pas d’actualité, même dans les conditions actuelles.
Améliorer les conditions de travail du corps médical, débloquer les indemnisations, former les médecins, etc. Les propositions relatives aux ressources humaines médicales sont nombreuses. Cela dit, s’il est urgent de payer aux médecins les indemnisations relatives aux astreintes et aux heures supplémentaires travaillées, la proposition concernant l’amélioration des conditions professionnelles coule de source. Sauf qu’on est obligé de l’orienter vers la lutte contre le Coronavirus. Pour ce qui est de la recherche scientifique et de la formation, c’est en temps normaux que ce genre de chantiers doit être amorcé.

 

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