Réhabilitation de la médina de Casablanca.

La deuxième phase du programme de réhabilitation de la Médina de Casablanca revêt une forte dimension humaine et vise notamment l’amélioration des conditions de vie des populations et la promotion des secteurs du commerce, de l’artisanat et du tourisme, a souligné le gouverneur directeur général de l’Agence urbaine de Casablanca (AUC), Mohamed El Aouzai.

Cette tranche ambitionne également l’intégration socio-économique des jeunes, des femmes et des personnes à besoins spécifiques, la promotion des domaines culturels et artistiques et la réhabilitation des édifices à forte valeur architecturale et patrimoniale, a indiqué M. El Aouzai dans un exposé, présenté mardi au Palais royal à Casablanca, devant SM le Roi Mohammed VI à l’occasion de la cérémonie de signature de huit conventions liées au projet « Wessal Casablanca-port ».

Ainsi, la deuxième phase portera sur la poursuite de l’opération de recasement de 911 familles occupant des bâtisses menaçant ruine (sur 1040 ménages concernées), dans le cadre du programme régional de relogement des ménages résidant dans des habitations menaçant ruine.

Quant au renforcement des infrastructures et l’entretien des édifices, il sera procédé au déplacement et à la consolidation des transformateurs électriques, au ravalement des façades des constructions dans les axes principaux, au réaménagement des parkings attenants à l’ancienne Médina, ainsi qu’à l’élaboration d’un guide pour la réglementation des travaux de réhabilitation des édifices.

En ce qui concerne les équipements de proximité, la deuxième phase portera sur la création de nouveaux équipements socio-administratifs et sportifs et la mise à niveau d’établissements de santé (comme le centre sanitaire « 9 juillet ») et d’enseignement existants.

Sur le volet économique, un appui sera accordé aux activités génératrices de revenus au profit des femmes et des jeunes et ce, dans le cadre de l’initiative nationale pour le développement humain (INDH) avec la collaboration de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC). Il sera également question de renforcer l’action coopérative, permettre aux personnes à besoins spécifiques d’accéder au marché de travail et de promouvoir la création des petites entreprises.

S’agissant de la promotion du secteur de l’artisanat, la 2ème phase du projet, a-t-il ajouté, concernera la restauration de quatre Foundouk qui seront dédiées à des activités artisanales, et la réhabilitation de l’ancien siège de la délégation de l’artisanat et sa transformation en un espace d’expositions des produits artisanaux.

Le côté économique portera aussi sur la poursuite de l’organisation des zones commerciales à travers des marchés spécialisés ainsi que la mise à niveau des quartiers commerciaux.

Dans le cadre de la consolidation des moyens du développement touristique, il sera procédé à la création d’un centre de valorisation du patrimoine, d’un kiosque d’informations touristiques, d’une maison d’hôtes et de l’accompagnement de la mise à niveau des établissements de services.

Pour ce qui est du volet culturel et artistique, le gouverneur a fait savoir qu’il sera procédé à la réhabilitation du siège de la circonscription administrative Bousmara, la création d’un complexe culturel et artistique, d’un institut professionnel, d’un laboratoire d’arts et de l’aménagement d’espaces de rencontres et d’expositions.

La deuxième phase portera de même sur la réhabilitation de « Dar Al Ittihad » et la création en son sein d’un musée, outre la restauration du mausolée Sidi Allal Al Karaouani et l’aménagement du jardin et des alentours de la synagogue « Toudghui ». S’y ajoutent l’accompagnement de restauration de 30 édifices à forte valeur architecturale et patrimoniale, ainsi que l’élaboration d’un ouvrage sur le patrimoine culturel et historique de la médina.

D’autre part, M. El Aouzai s’est arrêté sur l’état d’avancement de la première phase de ce programme portant sur l’amélioration des conditions de vie et d’habitat à travers la mise à niveau des infrastructures de base, des équipements de proximité, des espaces publics et la dynamisation de l’activité économique.

A cette occasion, il a indiqué que cette phase s’est articulée autour de l’opération de relogement des habitants des bidonvilles et ceux occupant des bâtiments publics, dont ont bénéficié 97 ménages.

M. El Aouzai a aussi fait état d’un diagnostic technique des bâtiments de la Médina qui a concerné 1339 bâtiments, dont 260 vont être démolies.

Dans ce cadre, il a expliqué que 129 familles ont été relogées dans le cadre du programme régional de relogement des ménages de l’habitat menaçant ruine.

Sur un autre plan, le gouverneur directeur général de l’AUC a noté que la mise à niveau des infrastructures a concerné le renouvellement total et la connexion aux réseaux d’assainissement et d’eau potable.

A cela s’ajoutent le renouvellement de l’éclairage public (installation de 1440 points lumineux sur façades et 75 des lampadaires sur poteaux), le renforcement du réseau téléphonique et la réfection des voiries (80.000 m2) avec notamment le renouvellement en pavé autobloquant de l’ensemble des rues et impasses, plus la restauration de la muraille de l’ancienne médina sur un linéaire de 1748 m, ainsi que du Bab Marsa et Bab Lebkir.

Quant aux activités commerciales, M. El Aouzai a souligné qu’il a été procédé au réaménagement de 134 locaux commerciaux avec la modernisation des équipements et la formation des commerçants aux techniques de commercialisation et d’hygiène, outre le réaménagement de 47 commerces à la galerie commerciale Bab Lekbir.

S’agissant de l’aspect environnemental et esthétique de la Médina, il a noté que le premier programme s’est attelé sur la réhabilitation et l’équipement des places publiques et des espaces verts.

Dans le cadre de la politique de proximité et afin de permettre aux habitants d’accéder aux services sociaux et culturels, il a été procédé à la réhabilitation des équipements existants et la mise en place d’autres installations comme la reconstruction du centre sanitaire Bousmara et la création d’un centre d’addictologie et d’un centre de lutte contre la tuberculose.

S’y ajoutent la restauration du bâtiment de l’église espagnole, devenue une maison de la Culture, et la construction d’un espace de rencontre pour les jeunes, qui est un complexe social multifonction.

Pour ce qui est du tourisme, il a fait savoir qu’il a été procédé au réaménagement du circuit touristique (4 km) de façon à redonner à la Médina son lustre d’antan et à renforcer son attractivité touristique.

Côté culturel, il a rappelé l’inscription de la Médina en tant que patrimoine national conformément à la décision du ministère de la Culture, et l’élaboration d’un plan d’aménagement et de sauvegarde fixant les règles et normes architecturales à respecter.

Dans le même ordre d’idées, M. El Aouzai a fait état de la réalisation, en partenariat avec l’Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie, d’une enquête foncière permettant de connaitre la situation foncière de la Médina et faciliter ainsi les intervention dans le domaine des bâtiments menaçant ruine et des équipements publics.

Ce programme s’inscrit dans le cadre du projet Wessal Casablanca-Port , qui devra marquer la naissance d’un pôle touristique et urbain d’envergure continentale afin d’inscrire dans le long terme la compétitivité de la ville et son attractivité non seulement dans toute la sous-région d’Afrique de l’ouest mais aussi en Méditerranée occidentale.