Ramadan : les médecins appellent à  préserver un mode d’alimentation sain et équilibré

Le jeûneur doit veiller à  structurer les prises alimentaires autour de trois repas quotidiens (Ftour, Achaa, S’hour) « espacés de deux ou trois heures ».

En ce mois sacré de Ramadan, marqué par des températures élevées et de longues heures de jeûne, modération et vigilance s’imposent pour préserver un mode d’alimentation sain et équilibré prévenir tout risque sanitaire pour le jeûneur.

Chaque soir de Ramadan, la rupture du jeûne est un moment festif et convivial. C’est aussi et surtout l’occasion de reprendre des forces après avoir passé toute une journée de privations et se préparer au jeûne du lendemain, indique Riad Nouisri, médecin généraliste dans un entretien à la MAP.

Au cours de cette longue période de restriction alimentaire, le jeûneur doit prendre des précautions et surveiller son alimentation.

Il faut surtout veiller à structurer les prises alimentaires autour de trois repas quotidiens (Ftour, Achaa, S’hour) « espacés de deux ou trois heures », étant donné que l’avènement du mois du Ramadan entraîne un changement du rythme de vie et, par conséquent, des habitudes alimentaires décalées par rapport au reste de l’année.

En plus de la quantité, le jeûneur doit veiller à ce que ses repas soient équilibrés et contiennent les principaux ingrédients alimentaires dont le corps a besoin au quotidien (féculents, fruits et légumes, viande, poisson ou ufs, produits laitiers).

Après environ 16 heures d’affilée de jeûne, les tentations sont fortes. C’est pourquoi il faut, selon docteur Nouisri, prendre garde, lors de la rupture du jeûne ou « Ftour », à ne pas se jeter à corps perdu sur les pâtisseries et sucreries qui, même en grande quantité, n’assouvissent pas la faim et nuisent à l’organisme.

La rupture du jeûne ne doit pas être synonyme de repas trop copieux, a-t-il recommandé, précisant que « non seulement un repas abondant perturberait l’organisme, mais en plus cela pourrait favoriser les troubles du sommeil ».

Quant au dîner, le médecin recommande de consommer des féculents, tels que les légumes, le riz ou même des pâtes qui doivent être consommées « avec une extrême modération ».

Les légumes peuvent être accompagnés de viande, de préférence blanche comme le poisson, ou le poulet et ce, sans omettre de prendre un dessert très léger et modérément sucré.

Tout en soulignant l’importance du S’hour, Dr Nouisri indique que le plus judicieux est de se lever de bonne heure, quelque temps avant l’aube, et de prendre des aliments riches en micronutriments essentiels, vitamines et minéraux.

Il est recommandé, avant d’entamer une journée de jeûne, de consommer des fruits pour leur apport en vitamines et surtout des sucres lents tels que de la semoule et les céréales qui aident le jeûneur à tenir bon tout au long de la journée.

Une bonne réhydratation est toujours indispensable. « Ne pas boire pendant près de 16 heures, c’est sans nul doute ce qui représente le plus de risques pour la santé », avertit-il, soulignant que le jeûneur doit particulièrement veiller à son hydratation en buvant de grandes quantités d’eau.

Il faut cependant éviter les excès et s’hydrater régulièrement, surtout en cette période de canicule. « Se jeter sur 3 litres d’eau d’un coup ne sert à rien. Il faut boire de manière espacée, depuis le moment de la rupture du jeûne jusqu’à l’aube », préconise-t-il.

Ceci dit, le jeûne peut présenter des risques pour les personnes fragiles telles que les femmes enceintes, les personnes âgées et celles atteintes d’hypertension ou de pathologies chroniques ou graves qui devraient prendre la bonne et sage décision de consulter leur médecin.

Les diabétiques, tout spécifiquement, doivent contrôler scrupuleusement leur taux de glycémie plusieurs fois dans la journée tout en prenant le soin de s’hydrater régulièrement.

Pendant le Ramadan, Dr Nouisri recommande peu ou pas d’activités sportives diurnes. Même si le jeûne n’a aucune conséquence majeure sur la santé des fidèles, il est important de réduire au maximum les efforts physiques. Il conseille notamment aux sportifs d’éviter les exercices épuisants durant le mois de jeûne.