Rabat et Paris main dans la main pour l’éducation et la formation professionnelle

Le Maroc et la France ont signé, mardi à  Rabat, trois accords de coopération portant sur l’appui aux classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) et au système de l’agrégation (CPA), la mise en place du baccalauréat international option français (BIOF), et le renforcement de la coopération en matière de formation professionnelle.

Signée par le ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle, Rachid Benmokhtar et son homologue français, Vincent Peillon, en visite de travail au Maroc, la déclaration conjointe sur l’appui aux CPGE porte sur l’évaluation partagée du dispositif des CPGE au Maroc, l’accompagnement de la mise à jour de leur curriculum en relation avec l’évolution des programmes des concours d’accès aux grandes écoles Françaises d’ingénieurs et de commerce, la formation continue des professeurs agrégés et le soutien à la création d’un cadre d’inspecteurs dédiés aux CPGE.

Concernant l’accord relatif à la mise en place du BIOF, la partie française s’engage, à travers cet accord, à fournir une aide technique au ministère de l’Education nationale au cours de la phase d’expérimentation, ainsi que lors de la phase d’extension du dispositif à l’ensemble des délégations provinciales, prévue en septembre prochain.

Pour ce qui est de la déclaration d’intention concernant la formation professionnelle, signée par M. Peillon et le ministre délégué à la formation professionnelle Abdeladim El Guerrouj, elle concerne le développement de programmes de coopération visant à accompagner les reformes prévues par la nouvelle stratégie de la formation professionnelle.

Il s’agit notamment d’étudier les possibilités de création de centres d’excellence de formation technique, d’examiner la possibilité d’appuyer la mise en place d’un système numérique pour un accès facile des jeunes à une meilleure information sur l’orientation et d’accompagner la partie marocaine dans l’identification des secteurs d’activités à privilégier pour la conception et la mise en place de deux à trois filières de baccalauréat professionnel.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de la cérémonie de signature, M. Peillon a mis en avant « l’amitié franco-marocaine si précieuse », soulignant la détermination de la France de « coopérer très étroitement avec le Maroc sur les questions éducatives ».

Rappelant qu’il s’agit de la volonté partagée de SM le Roi Mohammed VI et du président français, François Hollande, M. Peillon a souligné que les ministères des deux pays, « pleinement inscrits dans cette volonté (…) ont défini des points très concrets sur lesquels nous pouvons avancer, ainsi qu’un plan d’action que nous allons mettre en œuvre avec une très grande détermination ».

« J’espère que ces accords constitueront pour nos jeunesses, qui sont l’essentiel pour nous tous, en France comme au Maroc, une promesse d’espérance que nous essayerons de tenir ensemble », a-t-il dit.

Pour sa part, M. Benmokhtar a fait savoir que le programme du baccalauréat marocain avec l’option française, lancé en septembre à titre pilote, sera étendu à tous les lycées du Maroc « afin de permettre à nos enfant de profiter, en quelque temps, de cette formation d’excellence ».

« Les niveaux de nos professeurs agrégés, que nous avons formés en coopération avec le ministère français, ont donné d’excellents résultats aussi bien au niveau de l’enseignement dans les classes préparatoires aux grandes écoles qu’au niveau des lycées », a relevé le ministre, faisant part de sa volonté de reprendre ce travail pour former encore plus d’agrégés et aller dans le sens de la qualité.

De son côté, M. El Guerrouj a fait observer que « ces conventions s’inscrivent dans le cadre de l’approfondissement du partenariat entre les deux pays, et visent à accompagner les programmes et projets du ministère ».

En ce qui concerne la formation professionnelle, a-t-il dit, l’objectif est d’accompagner l’intégration entre ces deux secteurs dans les établissements de l’éducation nationale à travers la création d’un baccalauréat professionnel technique, la création de centres d’excellence dans les métiers de la formation professionnelle afin d’offrir aux jeunes une formation de haute qualité, ajoutant qu’il s’agit aussi de l’accompagnement des centres d’orientation et de l’évaluation du système de la formation professionnelle.

La cérémonie de signature s’est déroulée en présence notamment de l’ambassadeur de France au Maroc, Charles Fries.

M. Peillon, qui conduit une forte délégation de son département en visite de travail au Maroc, avait effectué lundi une visite au lycée My Youssef à Tanger qui abrite une classe de baccalauréat international – option français depuis la présente rentrée scolaire.