Quel avenir pour la presse écrite au Maroc ?

La crise qu’a connue la presse écrite dans le monde commence à  toucher le Maroc, conjuguée à  une crise de lecture « installée » dans le pays, Tout cela a donné lieu à  des déséquilibres au niveau des budgets des institutions médiatiques, note la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) qui relève une baisse effrayante des ventes de journaux et des revenus de la publicité.

Dans une déclaration finale sanctionnant les travaux de la 6ème Assemblée générale ordinaire de la FMEJ, tenue vendredi dernier à Casablanca, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux a ajouté que la plupart des entreprises de presse structurées ont fait preuve de résilience grâce à l’adoption de la bonne gouvernance, regrettant la disparition cette année de la scène médiatique de 4 titres membres de la FMEJ.

Dans un contexte de crise, la subvention publique destinée à la presse marocaine n’est qu’un simple élément dans l’équation de la vie de l’entreprise de presse, soit seulement 2 % du chiffre d’affaires de certaines entreprises de presse au Maroc. Ces établissements, indique la déclaration, payent le triple de ce montant comme impôts, selon une étude menée par un bureau d’expertise à la demande du ministère de la Communication et la FMEJ.

Le montant de la subvention publique annuelle est beaucoup plus bas que le coût global de la consommation de papier, note le texte, ajoutant que malgré cette situation, 75 entreprises de presse ont pu, cette année, respecter toutes les dispositions du contrat-programme et la convention collective, et honorer leurs engagements fiscaux et ceux liés à la sécurité sociale. A cela s’ajoute l’amélioration des conditions sociales des personnels du secteur.
 
Il s’agit donc pour les membres de la FMEJ d’aller de l’avant dans l’action sérieuse avec tous les partenaires et responsables en vue de surmonter cette crise avec le moins de dommages, dans un esprit de coopération qui prend en compte les pleins droits de tous les personnels du secteur ainsi que leurs obligations à l’égard de leurs établissements.

A également été souligné le fait  que la compétence et la créativité dans l’exercice de la profession de journaliste constituent à la fois le pilier pour le développement du secteur et le critère retenu pour toute promotion dans les établissements de presse.

Pour la mise en place d’un code de la presse sans peine privative de liberté

La FMEJ rappelle dans sa déclaration qu’elle œuvre pour la défense de la liberté d’expression et de presse, tout en veillant au respect de la déontologie de la profession, appelant à cet égard à l’accélération de la mise en place d’un code de presse et d’édition en harmonie avec les principes de la profession et de la Constitution et ce, à travers l’adoption d’un code de presse ne comportant aucune peine privative de liberté, ni de sanctions administratives ou d’accusations sans fondements. Ledit code de presse doit être « une loi d’organisation de la liberté et non pas une loi pénale pour la presse », souligne la FMEJ.

Elle a appelé également à œuvrer pour la création d’un conseil national de la presse qui jouit de la crédibilité et de l’autorité morale, le but étant de développer et d’organiser la profession et de veiller au respect de la déontologie aussi bien par les établissements que par les journalistes.

Sur cette même lignée, les éditeurs de journaux, qui exigent un code de la presse plus développé, se sont engagés, dans le cadre de l’Etat de droit, à assumer leurs responsabilités sociales et juridiques, ajoutant qu’à ce titre, ils se sont présentés, de manière tout à fait normale et en tant que simples citoyens, devant les tribunaux en 2012 dans le cadre de plus de 100 affaires, tout en considérant, de par le principe, que les affaires de presse relèvent essentiellement d’erreurs professionnelles et ne constituent point des délits de droit commun.

C’est ainsi que face à certaines affaires de presse assorties d’amendes faramineuses ou de peines de prison contre des journalistes, la FMEJ reste attachée à ses principes, d’ailleurs objet de négociations avec le ministère de la Communication en vue de les consigner dans le Code de la presse et de l’édition. Il s’agit tout particulièrement de recourir au Code de la presse en cas de poursuite contre des journalistes dans des affaires de presse, ne pas recourir à des peines privatives de liberté en cas de condamnation, et de veiller au respect de la procédure d’enquête ordinaire sans perquisition, ni détention préventive.

C’est ce qui a été convenu entre la FMEJ et le ministère de la Justice et des Libertés, et c’est ce qui a été évoqué lors de la dernière séance du dialogue national sur la justice, indique le document.

La FMJE a enfin appelé toutes les parties prenantes à œuvrer pour la mise en place des conditions propices en vue de relever les défis auxquels fait face la presse nationale, qui joue un grand rôle dans la transition démocratique au Maroc et qui doit continuer de remplir sa mission et son activité économique.

A l’issue de la 6ème Assemblée générale ordinaire de la Fédération, le directeur de publication de l’hebdomadaire arabophone « Al Ayam », Noureddine Miftah, a été réélu, à l’unanimité, président de la Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux (FMEJ). La session a été marquée « également par l’élection des 10 membres du bureau de la FMEJ et ce, à l’issue de l’élection des 27 membres du nouveau conseil fédéral.

Lors d’une Assemblée générale extraordinaire, tenue peu avant la 6ème Assemblée générale ordinaire de la Fédération, il a été procédé à l’adoption à l’unanimité de propositions d’amendement du Statut de la FMEJ.