Quand opposition et majorité font cause commune

Elles ont proposé ensemble trois projets de loi depuis 2011.

Malgré les clivages entre majorité et opposition, il arrive que les deux adversaires se mettent d’accord pour proposer des textes de loi communs. Le PAM, l’USFP, l’Istiqlal et l’UC de l’opposition et le groupe du PPS de la majorité ont en effet concocté une proposition de loi commune qu’ils viennent de déposer auprès du bureau de la première Chambre. Le texte porte sur l’abolition de la peine de mort et l’amendement par la même occasion de trois textes de loi : le code pénal, la procédure pénale et le code de justice militaire. En fait, les deux bords de l’Hémicycle n’en sont pas à la première concertation sur un texte de loi. Ils en sont à leur troisième acte du genre depuis l’ouverture de cette législature. Ainsi, quelques mois avant ce texte sur la peine de mort, le 27 juillet plus précisément, le PJD, l’Istiqlal (encore au gouvernement), l’USFP et le PPS avaient déposé une proposition de loi qui a fait des émules. Elle portait sur la pénalisation de la normalisation avec l’Etat d’Israël. Le PAM a déposé une proposition similaire trois jours plus tard. Il est clair que l’opposition ne pouvait faire autrement que de se joindre aux partis de la majorité pour cette initiative qui intervient en pleine polémique, soulevée alors par de nombreuses associations dont la plupart gravite autour du PJD et sa matrice, le MUR. Il fallait marquer le coup et surtout ne pas laisser le terrain vide à la surenchère islamiste en le domaine. L’autre fois où les huit groupes parlementaires qui composent la première Chambre s’étaient tous mis d’accord sur une proposition de loi, c’était lors du dépôt de l’amendement du statut des fonctionnaires de la Chambre. Le texte est d’ailleurs l’une des rares propositions de loi qui ont fini par être adoptées sur un total de 97 propositions présentées par les députés.