Promotion immobilière : les banques ferment le robinet

Les crédits aux promoteurs ont baissé de 2% à  fin juillet.

Depuis quelques mois, les promoteurs immobiliers se plaignent d’un durcissement du crédit bancaire, envisageant même une rencontre avec le wali de Bank Al-Maghrib pour dénoncer la situation. En effet, le resserrement est à présent bien visible au niveau des chiffres. Selon les dernières statistiques de la Banque centrale, les financements des professionnels de la construction ont baissé de 2%, à 68,1 milliards de DH à fin juillet 2013 par rapport au même mois en 2012. Il faut dire que les restrictions imposées par les banques ont mis à l’écart une partie de ces entrepreneurs. Pour se couvrir, les établissements de la place ont durci leurs conditions en matière de garanties exigées (hypothèques sur le terrain et caution). Aussi, les banques sont plus exigeantes en termes d’apport personnel (pas moins de 40%) et quand elles ont des appréhensions sur le rythme de vente d’un projet, les financements ne sont débloqués qu’au-delà de certains taux de commercialisation (25% au moins).

D’un autre côté, l’attitude des banques est bien compréhensible si elles jouent au maximum la sécurité ou même si elles rationnent volontairement leurs crédits aux promoteurs, étant donné que l’immobilier représente déjà le tiers de leur portefeuille de crédits, ce qui est un facteur à risque. Signalons, par ailleurs, que les petits promoteurs immobiliers semblent faire encore plus les frais du rationnement du crédit immobilier, étant donné que ces professionnels, constitués sous forme d’entreprises individuelles, ont vu leurs financements chuter de 7% entre juillet 2012 et le même mois en 2013. Ce recul est toutefois à nuancer par le fait que cette catégorie d’opérateurs se finance généralement sur ses fonds propres et les avances de la clientèle.