Programme d’appui des TPME : le taux d’échec à surveiller !

La suppression des garanties aggrave l’exposition des banques en cas d’insuccès du projet.

La bonne nouvelle de la suppression des garanties à retenir par les banques laisse planer un air d’appréhension dans le secteur. En effet, les établissements bancaires ne demanderont plus aux TPE et porteurs de projets des sûretés en dehors de celles liées au projet. Fini alors les garanties personnelles et les cautions demandées aux ascendants avec des surfaces patrimoniales consistantes pour couvrir des crédits de leurs descendants. Cependant, cette absence de collatéral qui bordera le risque encouru par les banques fera sûrement peser des menaces sur le secteur bancaire pas en raisonnement unitaire (dossier par dossier) mais au regard de l’étendue de la population cible estimée à environ 1 million de bénéficiaires (300 000 TPE et 600 000 entrepreneurs en plus des jeunes diplômés et des employés du secteur informel). Les officiels du ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’Administration essuient ces craintes d’un revers de main. «Les prêts à octroyer dans le cadre du programme intégré d’appui et de financement des entreprises seront garantis à hauteur de 80% par l’Etat à travers le fonds de l’entrepreneuriat doté de 2,7 milliards de DH par an», explique-t-on au ministère. Cela dit, il est d’une importance cruciale de bien maîtriser l’étude des dossiers, les process d’octroi et les critères de déblocage des prêts. En outre, le flair des bonnes idées viables aidera dans une grande mesure à réussir le déploiement de ce chantier. Enfin, les bénéficiaires doivent veiller avec le maximum de rigueur à honorer leurs engagements et à payer les échéances aux banques. «Certes , il y aura des échecs et des chutes! Espérons qu’ils resteront dans des proportions correctes pour que nous puissions renouveler, diversifier et élargir le spectre des utilisateurs de ces crédits», commente-t-on au département des finances.