Plus d’un demi-million de logements à raser immédiatement !

Lorsqu’on évoque l’habitat insalubre au Maroc, l’on pense systématiquement aux bidonvilles, aux logements menaçant ruine ou encore aux constructions non réglementaires. Mais le phénomène est bien plus répandu qu’on pourrait le croire.

En effet, la dernière enquête du ministère de l’habitat sur le parc de logements révèle que pas moins du tiers du stock d’habitations au Maroc est touché par l’insalubrité à des degrés de gravité plus ou moins importants (défaut de structure, absence de branchement aux réseaux de base, absence de cuisines ou de toilettes, forte densité d’occupation, environnement nuisible…). Sur un total de 5,8 millions d’habitations estimées dans le milieu urbain, 1,9 million sont concernées. C’est en fait la maison marocaine moderne qui est la plus touchée. Ce type d’habitats représente 63% du parc insalubre global. Il est suivi par l’appartement en immeuble qui pèse 15%. Les constructions sommaires ou les bidonvilles n’arrivent qu’en troisième position avec une part de 12%, tandis que 9% du parc insalubre consiste en maisons marocaines traditionnelles. Par régions, 20% du parc insalubre est localisé dans le Grand Casablanca, tandis que Rabat, Tanger et Marrakech en représentent respectivement 13%, 11% et 8%. En règle générale, les ménages ont leur part de responsabilité dans l’insalubrité de leurs logements. Cependant, l’enquête de l’Habitat met la lumière sur une portion du stock insalubre qui doit être rasée immédiatement pour être reconstruite du fait qu’elle présente des défauts particulièrement graves : construction sur un terrain à risque ou structure déficiente pouvant donner lieu à des effondrements. Plus de 60% de ce parc en zone rouge consistent en maisons marocaines et 7% sont des appartements.