On peut être syndicaliste et défendre l’entreprise !

L’UMT a invité Forces Ouvrières à  visiter Renault Tanger.

On a rarement vu cela mais un syndicat peut défendre à la fois les salariés et l’entreprise. C’est en tout cas le difficile exercice d’équilibriste auquel se sont prêtés les responsables de l’UMT durant deux jours à Tanger. Les 11 et 12 février, le secrétaire général de la formation, Miloudi Moukhariq, et son état-major au complet ont rencontré, en effet, leurs homologues français de Forces Ouvrières (FO). La délégation syndicaliste était conduite par le secrétaire général lui-même, Jean-Claude Mailly. Même si, de façade, elle revêtait un caractère protocolaire d’usage à savoir l’échange de points de vue et la concertation, la rencontre était d’une importance capitale, pas seulement pour l’UMT mais pour la cause de l’emploi à Tanger et au Maroc de manière générale. C’est que les responsables de l’UMT ont profité de la rencontre pour faire visiter à leurs invités français l’usine de Renault à Melloussa et leur faire passer le message suivant: «La création de cette unité ne peut pas être catégorisée comme étant une délocalisation car elle ne s’est pas faite au détriment de salariés français». En tout cas, au lendemain de cette visite, le patron de FO, Jean-Claude Mailly, joint au téléphone par La Vie éco, semblait être convaincu que «de toutes les manières, les véhicules produits à Tanger ne l’auraient pas été en France». En revanche, le syndicaliste français n’a pas manqué de soulever le cas des centres d’appels qu’il considère cette fois-ci comme étant de vraies délocalisations. Pour lui, les opérateurs marocains doivent faire en sorte que les conditions de travail chez eux s’améliorent notamment à travers des conventions collectives qui seraient portées et encadrées par les syndicats. Une manière diplomate de la part des Français de demander à ce que les opérateurs au Maroc soient alignés sur les mêmes conditions concurrentielles que leurs homologues de l’Hexagone.