Obama, victime collatérale du shutdown

La crise qui agite les Etats-Unis a eu des répercussions imprévues sur l’agenda international de M. Obama. Celui-ci a été contraint d’annuler mercredi une visite prévue le 11 octobre en Malaisie et une autre aux Philippines. Sa présence à  deux sommets internationaux prévus prochainement est remise en question.

Le président américain Barack Obama a annulé son déplacement en Malaisie et aux Philippines, deux étapes d’une tournée prévue en Asie, en raison de la crise budgétaire qui touche l’Etat fédéral, a annoncé mercredi la Maison Blanche.

« Il n’était pas possible d’organiser ces deux visites (en Malaisie et aux Philippines) en raison de la paralysie budgétaire », a souligné la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (CSN), Caitlin Hayden dans un communiqué, relevant que le président sera remplacé par le secrétaire d’Etat John Kerry.

La porte-parole du CSN a indiqué, par ailleurs, que l’incertitude plane toujours sur la participation de M. Obama à deux sommets internationaux, celui de l’Apec (Asie-Pacifique) qui s’ouvre lundi prochain à Bali en Indonésie, et celui d’Asie de l’est à Brunei.

« Nous allons continuer à évaluer ces voyages en fonction de l’évolution de la situation (aux Etats-Unis) cette semaine », a dit Mme Hayden.
Faute d’un accord budgétaire entre la Chambre des représentants contrôlée par les républicains et le Sénat à majorité démocrate, les Etats-Unis ont été plongés dans la fermeture partielle des services fédéraux.

Les Républicains opposés à la réforme de l’assurance-maladie promulguée par M. Obama, refusent de voter un budget qui n’en supprimerait pas le financement et menacent aujourd’hui de lier cette question à celle du relèvement du plafond de la dette, nécessaire selon le Trésor d’ici au 17 octobre.

Or si le Congrès ne donne pas son feu vert, les Etats-Unis risquent de se retrouver en défaut de paiement à partir de cette date, une situation sans précédent et qui inquiète fortement le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi. Celui-ci a manifesté son inquiétude mercredi, estimant que cette paralysie représenterait, « si elle se prolongeait, un risque pour les Etats-Unis et pour le monde ».
S’exprimant à la télévision sur la chaîne CNBC, Obama a exprimé son mécontentement : « Evidemment, je suis exaspéré, parce que cette crise est complètement superflue ». « Je suis exaspéré par l’idée que si je ne dis pas à 20 millions de personnes qu’elles ne peuvent pas avoir accès à une assurance-maladie, l’État restera paralysé » par les républicains, a-t-il ajouté, en qualifiant cette attitude d' »irresponsable ».
M. Obama a aussi affirmé que « Wall Street, cette fois, devrait être inquiet » du blocage actuel.

Depuis mardi, environ 800.000 fonctionnaires américains, jugés non essentiels, sur plus de deux millions, ont été mis en congé sans solde. Toutes les administrations publiques ont réduit leurs effectifs au minimum vital.