Moins de dépôts à  terme, plus de comptes sur carnet

La baisse des DAT est de 6,6% sur une année glissante.

Les dépôts bancaires continuent de progresser timidement, reflétant la conjoncture difficile que traverse le secteur et l’économie de manière générale. A fin avril, Bank Al-Maghrib précise dans ses statistiques que l’encours des dépôts n’a crû que de 2,9% sur une année glissante, à 698 milliards de DH. Cette faible augmentation cache en fait un recul relativement important des dépôts à terme et bons de caisse. Ils ne totalisent plus que 139 milliards de DH, soit une baisse de 6,6% par rapport à avril 2013. Seuls les particuliers et dans une moindre mesure les entrepreneurs individuels continuent de constituer plus de dépôts, avec une hausse de 4,3% pour les premiers, à 96 milliards de DH. Les entreprises non financières affichent une baisse de 21%, à 20 milliards de DH ; les institutions financières un recul de 19%, à 11,8 milliards et le secteur public (hors administration centrale) une chute de 52%, à 5,2 milliards.

Selon des banquiers, cette tendance s’expliquerait par des besoins de trésorerie de plus en plus importants (entreprises publiques et privées) et des arbitrages en faveur d’autres produits de placement (institutionnels). A l’inverse de cette tendance, les comptes d’épargne (comptes sur carnet), détenus principalement par les particuliers, connaissent un succès indéniable en cette période difficile. Avec un encours de 124 milliards de DH, ils ont crû de plus de 8% sur une année. L’amélioration des rendements servis, suite à l’augmentation des taux des bons du Trésor sur lesquels ils ont été indexés, a certainement contribué à cette performance. Mais il faut savoir que ce type de compte aligne historiquement des progressions quelle que soit la conjoncture. Ce qui avait d’ailleurs encouragé Bank Al-Maghrib à les éliminer de la base de calcul de la réserve monétaire obligatoire des banques.