Mme Khadija Rouissi prend part à  une conférence de l’ONU sur la peine de mort

Mme Khadija Rouissi, coordinatrice du Réseau des parlementaires contre la peine de mort, a pris part mercredi soir à  Genève, à  une conférence-débat de haut niveau sur la question de la peine de mort initiée dans le cadre de la 25ème session du conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Cette réunion, marquée par des allocutions du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon et la Haut-commissaire aux droits de l’Homme, Mme Navi Pillay, s’est tenue sept ans après l’appel lancé par l’Assemblée générale en faveur d’un moratoire universel sur la peine capitale.

Panéliste, Mme ROUISSI a abordé les étapes franchies sur le chemin de l’abolition des condamnations capitales dans le Royaume, en affirmant que « selon toute vraisemblance », la peine capitale devrait être abolie très prochainement au Maroc.

« Il est temps que la communauté internationale interdise la peine de mort, en tant que peine inhumaine. La justice ne doit pas tuer, elle doit rendre justice », a plaidé Mme Rouissi, par ailleurs vice-présidente de la Chambre des Représentants.

Elle a observé, dans ce contexte, que les pays qui ont été pionniers en la matière enregistrent aujourd’hui une baisse de la criminalité, comme en Scandinavie.

Selon cette députée et militante associative, cinq pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient sur dix-neuf ont instauré un moratoire sur l’application de la peine de mort, dont deux l’ont décrété officiellement. Mais, a-t-elle relevé, « même dans le cas d’un moratoire, cela signifie qu’il y a des gens dans le couloir de la mort qui subissent la torture de l’incertitude du lendemain ».

Le Maroc a vu la création, l’an dernier, d’un réseau des parlementaires contre la peine de mort qui réunit aujourd’hui 215 élus appartenant à des sensibilités politiques différentes. Ce réseau, a-t-elle rappelé, a déposé au bureau de la Chambre des Représentants une proposition de loi pour l’abolition de la peine de mort dans la législation marocaine.

Pour la parlementaire Fatima Gouaima Mazzi, qui a également fait le déplacement à Genève, il s’agit à présent de défendre le droit à la vie consacré dans la Constitution de 2011.

« Notre objectif est de montrer que la condamnation à la peine capitale n’a aucun effet dissuasif de même qu’elle va à l’encontre de la dimension humaine », a déclaré à la MAP, cette militante membre du réseau contre la peine de mort.

S’exprimant par vidéoconférence, M. Ban Ki-moon s’est félicité que, depuis l’appel lancé en 2007 par l’Assemblée générale en faveur d’un moratoire universel, la tendance à l’abandon de la peine de mort s’est renforcée.

Même son de cloche chez Mme Pillay qui a précisé qu’environ 160 pays sur les 193 Etats membres de l’ONU avaient soit aboli, soit décrété un moratoire sur la peine de mort.

Au Maroc, le réseau des parlementaires contre la peine de mort au Maroc se fixe pour priorité d’agir sur tous les plans pour la ratification du deuxième protocole facultatif relatif à l’abolition de cette peine ainsi qu’au statut de la Cour pénale.

Le réseau rassemble principalement des parlementaires, membres des deux Chambres appartenant aussi bien à la majorité qu’à l’opposition ainsi que des défenseurs du droit à la vie et de l’abolition de la peine de mort. Durant un an d’existence, le nombre de ses membres est passé de 167 à 215.