Mesures anti-crise : échange virulent entre la CGEM et le GPBM

Le secteur bancaire est mobilisé et le restera auprès de toutes les composantes de la société marocaine, en prenant et en appliquant les mesures nécessaires pour le soutien des ménages et des entreprises face à la pandémie du Covid-19. C’est ce que vient d’affirmer le GPBM dans une lettre qu’il vient d’adresser à la CGEM.

Le Groupement professionnel des banques du Maroc, tout se disant offensé par le contenu d’une précédente missive qui lui a été envoyée par la CGEM, a rappelé que, dès le déclenchement de cette crise du Covid-19, ses banques membres « se sont mobilisées avec dévouement et enthousiasme pour soutenir le Comité de veille économique et ses différents partenaires publics et privés, particulièrement la CGEM, et les initiatives à même de permettre de faire face aux conséquences de cette crise sanitaire ».

Jusqu’à même hier soir et ce matin, poursuit le GPBM dans sa lettre adressée à la CGEM,  « nous finalisions avec le ministère des Finances, directement et à travers la CCG, les dernières modalités pour l’opérationnalisation dès lundi prochain de nos engagements pris au niveau du Comité de veille économique pour le report des échéances de crédits et l’octroi de crédits de fonctionnement pour les entreprises touchées par les conséquences de la pandémie».

Le GPBM a d’ailleurs saisi cette occasion « pour s’adresser aux entreprises et aux ménages touchés par les conséquences du Covid-19 pour leur renouveler l’engagement et la mobilisation de toutes les banques, en vue de leur apporter soutien et appui avec l’écoute et la bienveillance nécessaires ». Le groupement demande également à la CGEM de lui communiquer la liste des clients qui se seraient heurtés à des problèmes avec leurs banques dans la gestion du dispositif de soutien mis en place pour réduire les effets du coronavirus.

Rappelons que CGEM avait, auparavant, mis en garde contre un « arrêt de l’activité économique » et appelé les banques à « accompagner les entreprises » pour affronter au mieux cette situation exceptionnelle. « Une écrasante majorité des entreprises ont baissé drastiquement leur activité ou sont carrément à l’arrêt. Elles voient leurs revenus s’effondrer ce qui, par un effet domino, finit par toucher la quasi-totalité des secteurs. Quasiment aucune entreprise n’est épargnée », a avait souligné la CGEM dans sa lettre qu’elle avait adressée au GPBM.

Le président de la CGEM a ainsi mis le doigt sur ce qu’il a qualifié d’« écarts et situations de décalage » avec les « principes » sur lesquels ont été construites les mesures récemment annoncées par la CGEM. « L’impact de ces écarts, s’ils ne sont pas rattrapés, pourrait être fatal à de très nombreuses entreprises, pourtant aptes à retrouver leur rythme de croisière après cette crise » a notamment souligné le président de la CGEM.

Cette crise touche la quasi-totalité du tissu d’entreprises. Aussi, la CGEM considère-t-elle qu’un traitement au cas par cas des entreprises est en décalage avec la situation (sauf demande expresse de la clientèle des banques), lit-on dans la missive de la CGEM.

De même, « les besoins de financement en fonds de roulement sont évidemment aussi importants pour nos entreprises que pour nos confrères des autres économies confinées de la planète. Il est urgent de mettre en place le dispositif prévu avec la CCG à un niveau suffisant pour rétablir un sentiment de sécurité des entreprises ». A défaut, poursuit la CGEM, « nous subirons la disparition de nombreuses entreprises et de très lourdes pertes d’emplois. A titre d’exemple, certains crédits exceptionnels de trésorerie mis en place en Europe sont remboursables sur 5 ans à taux zéro et construits sur la base d’un plan de trésorerie avec zéro recette pendant 3 mois ».

Entre autres reproches adressés aux banques, certaines de ces dernières « ont décidé de refondre leur appréciation des risques et réduisent les lignes de PME jusque-là clientes, ce qui leur est fortement préjudiciable ». Le cas des PME exportatrices est également préoccupant, d’après la CGEM. Ces unités « doivent impérativement être maintenues puisqu’elles permettront dès la reprise en Europe, à la fois d’assurer quelques dizaines de milliers d’emplois mais aussi de rapatrier des devises aujourd’hui rares ».