Médicaments : rentrée difficile pour les officines !

Les ventes sont en baisse depuis le mois de juin.

Ramadan, vacances d’été, Aid Al Adha, rentrée scolaire… Ce sont là autant d’événements et de rendez-vous importants pour les ménages marocains qui se sont succédé entre juin et septembre et qui ont mis à mal l’activité des pharmacies. Et particulièrement celles situées dans les quartiers populaires. Les médicaments n’ont pas été, durant ces derniers mois, une priorité pour les ménages appelés à assurer d’autres dépenses. Au point que, indique un pharmacien de Casablanca, «les patients sont réduits à arbitrer entre les médicaments prescrits et en acheter les plus importants».

Cette baisse de la demande est estimée par les répartiteurs entre 6 à 8%, mais pour les pharmaciens elle est beaucoup plus importante. «Dans le secteur, nous sommes certes habitués au caractère cyclique des ventes. Mais cette année, le cycle a été plus long, ce qui a affaibli le secteur pharmaceutique qui, nous le savons, est déjà en crise», explique un  grossiste qui dit n’avoir aucune visibilité sur la reprise des ventes.

Et de la visibilité, les pharmaciens n’en ont pas non plus concernant le recouvrement de leurs créances. «En raison de l’actuelle conjoncture, on ignore si nos clients pourront rembourser leurs crédits. Or, si nous n’arrivons pas à recouvrer nos créances, cela va aggraver la situation financière des officines», avance Mounir Tadlaoui, président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc. Celui-ci ne manque pas de préciser que 40% des pharmacies souffrent aujourd’hui de déséquilibre financier que la conjoncture actuelle risque d’aggraver.

Les temps sont donc difficiles pour le secteur pharmaceutique qui, selon les professionnels, n’a pas connu de relance en dépit des mesures mises en place par le ministère de la santé et des gestionnaires de l’assurance maladie obligatoire (baisse des prix des médicaments, tiers payant…).