Maroc : Un code de la route pour rien

Après les chiffres encourageants annoncés il y a quelques mois par le ministre de l’équipement et du transport, la mortalité sur nos routes en août repart à  la hausse.

Après les chiffres encourageants annoncés il y a quelques mois  par le ministre de l’équipement et du transport (voir encadré), la mortalité sur nos routes en août repart à la hausse.  Entre le 13 et le 24 août, près de 50 personnes ont péri  dans des accidents routiers. Le dernier accident en date a fait trois morts et deux blessés, samedi dernier, près de Kénitra. Les chiffres officiels n’ont toujours pas été dévoilés par le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC), mais le bilan risque de s’alourdir davantage. Plusieurs raisons expliquent cette hausse.

A commencer par la hausse du trafic durant la période estivale. Chaque été, le parc automobile  augmente de 10%  avec la venue des MRE. Rappelons que cette année, près de 500.000 véhicules devraient traverser  le  détroit de Gibraltar pour rejoindre le Maroc dans le cadre de  l’opération «Marhaba 2013». Outre l’augmentation du trafic, le facteur humain reste la première cause des accidents dans notre pays. Le non-respect du code de la route et le manque de civisme des usagers de la route sont à l’origine de cette criminalité routière. L’excès de vitesse, le défaut de maîtrise des véhicules, l’inadvertance des conducteurs, la conduite en état d’ivresse en sont les principales causes. En périmètre urbain, la situation reste alarmante. Durant la semaine allant du 12 au 18 août, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN)  a recensé 29 morts et 1.429 blessés dont 103 grièvement dans 1.006 accidents de la circulation. Le constat est là: le nombre de morts ne cesse d’augmenter malgré les mesures prises par le ministère de l’équipement et du transport pour lutter contre ce fléau. Les statistiques montrent bel et bien que le durcissement des dispositions du Code de la route n’aura servi à rien. Ce code qui se voulait drastique  n’a   finalement eu aucun impact sur le comportement des usagers de la route. Les Marocains conduisent de  plus en plus mal. Ils sont peu nombreux à respecter le code de la route. C’est d’ailleurs ce qu’avait démontré une étude comportementale des usagers de la route menée par le CNPAC. Celle-ci avait  révélé que  94% des usagers de la route ne respectent pas le panneau Stop, 28% des conducteurs des véhicules légers en milieu urbain ne mettent pas la ceinture de sécurité ou encore que 9% des conducteurs des véhicules  ne s’arrêtent pas au feu rouge. Pour lutter contre ce fléau, la police devra afficher une intransigeance absolue envers les infractions commises. Chaque année plus de 4.000 personnes meurent suite à des accidents routiers, ce qui représente   une facture socio-économique s’élevant à 14 milliards de dirhams,  soit 2% du PIB.