Maroc : Les réserves de change permettent de couvrir 4 mois et 10 jours d’importations.

Les réserves de change du Maroc permettent de couvrir 4 mois et 10 jours d’importations, a indiqué, mercredi à  Casablanca, le directeur général de l’Office des Changes, Jaouad Hamri.

« La réserve en devises est une composante essentielle pour le bon fonctionnement de l’économie car elle permet de financer les importations d’énergie, de produits alimentaires, et des biens d’équipements nécessaires à l’investissement, notamment pour un pays comme le Maroc qui a une monnaie convertible partiellement », a-t-il souligné lors d’une réunion d’information sur « La nouvelle réglementation des changes: la contribution libératoire ».

La reconstitution de cette réserve est un travail qui incombe, en termes de régulation et de veille, à un certain nombre d’institutions dont l’Office des Changes. Mais, il est également de la responsabilité des citoyens de contribuer à cette reconstitution par leur activité économique, à travers le rapatriement des produits des exportations de biens et de services, ainsi que l’effectivité et la réalité des contreparties de transfert de leurs devises à l’étranger, a-t-il ajouté.

M. Hamri, qui animait cette rencontre organisée par la Chambre de Commerce Britannique au Maroc (BritCham), a noté que l’Office déploie plusieurs efforts pour surveiller, s’assurer de l’effectivité des importations et traquer les sorties de capitaux qui n’ont pas de contreparties, à travers la mise en place d’un système de contrôle et un autre plus performant d’information. Ce dernier est relié aux systèmes bancaires et à l’Administration des Douanes.

Depuis les années 90, l’Office des Changes s’est inscrit dans la politique de libéralisation adoptée par le Royaume, en s’engageant dans une démarche positive, progressive et prudente, a-t-il poursuivi, notant que le Maroc a pu se préserver de la crise des subprimes en 2008, grâce à cette politique prudentielle sur les flux financiers.

 »Jugée lente mais quand même progressive et prudente, cette démarche de libéralisation a permis de soutenir les opérateurs économiques par la réécriture des textes réglementaires, mais également la délégation aux banques de l’exécution d’un certain nombre d’opérations économiques sans passer par l’Office. Aujourd’hui près de 95 pc des opérations, même celles d’investissement, sont totalement déléguées aux banques », a relevé en outre M. Hamri.

Il y’a également un effort de simplification des textes en les rassemblant dans un seul document « Instruction générale des opérations de change » disponible sur le web, et qui permet une lecture simple et facile de la réglementation des changes, a-t-il fait remarquer.

L’Office s’est également attelé, depuis trois ans, à faire un « toilettage » de cette réglementation. Ce travail a nécessité la mobilisation de plusieurs équipes-projets qui travaillaient chacune sur un chapitre différent, pour que la version finale, qui sera publiée en fin d’année, soit nécessairement plus simple, lisible et accessible, de manière à ce qu’elle puisse servir les efforts d’investissement des opérateurs économiques, a expliqué le DG de l’Office des Changes.

 »Cette nouvelle version fait l’objet d’un travail en interne avec les banques pour améliorer la rédaction de cette réglementation et nous avons engagé un cabinet externe pour challenger sur la pertinence économique et la qualité juridique de nos textes », a-t-il ajouté.

« L’Office des Changes a également travaillé sur l’amélioration de la partie contrôle, en s’outillant en termes d’organisation, de formation et de ressources humaines, de manière à ce que nos agents puissent faire des interventions intelligentes. Nous ne cherchons pas l’irrégularité pour l’irrégularité, mais lorsqu’elle a réellement un impact significatif sur nos réserves en devises », a-t-il martelé.

Afin que cette réorganisation puisse être efficace, l’Office a créé un département dédié aux intermédiaires agrées qui a pour mission de se concerter et travailler en partenariat avec les banques pour la bonne application de la réglementation de change. Cette démarche permet à la fois de faire un travail pédagogique, d’alléger la charge de contrôle sur les opérateurs mais également améliorer l’efficacité de notre contrôle, a encore noté le DG de l’Office.

« Nous avons également réorganisé notre système d’information. Considéré comme le seul moyen d’avoir un contrôle a posteriori plus intelligent, ce système nous permet d’être plus libéral sur le plan de la réglementation, et ce par la mise en place d’une base de donnée alimentée par différentes sources, dont le système bancaire et l’Administration de Douane », a-t-il ajouté.

Dans un souci d’améliorer la performance du contrôle, a-t-il poursuivi, et compte tenu de la rareté des ressources humaines, des échanges de données vont être bientôt faits avec d’autres administrations notamment fiscale, la CNSS, et la trésorerie générale, ce qui va permettre à l’Office de faire des recoupements.

Ce système permet également, selon M. Hamri, de faire un système de scoring, en faisant ressortir les points les plus significatifs.

Cette rencontre intervient dans le cadre de la publication par l’Office des Changes, le 3 février dernier, d’une circulaire relative à la contribution libératoire au titre des avoirs immobiliers ou financiers non déclarés détenus à l’étranger par les Marocains résidents au Maroc ou par des personnes morales de droit marocain, l’objectif étant de permettre aux participants de s’imprégner plus amplement des mécanismes du dispositif réglementaire mis en place dans le cadre de la contribution libératoire au titre des avoirs détenus à l’étranger.