Maroc : Le déficit commercial est passé de 44 MMDH en 2000 à  201 MMDH en 2012

Le déficit commercial a été multiplié par presque 5 fois, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), dans son rapport sur la compétitivité des exportations.

Le déficit commercial a été multiplié par presque 5 fois, passant de 44 milliards de dirhams (MMDH) en 2000 à 201 MMDH en 2012, a relevé la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), dans son rapport sur la compétitivité des exportations.

En 2009 et 2010, le déficit commercial a baissé respectivement à 151 et 148 MMDH en raison d’un repli plus fort des importations que celle des exportations en lien, notamment, avec les effets négatifs de la crise économique mondiale aussi bien sur le Maroc que sur ses principaux partenaires commerciaux, souligne le rapport intitulé « Compétitivité des exportations marocaines : quel bilan ? ».

Au cours de la période 2000-2012, le déficit enregistré s’explique, du côté des importations, par l’accroissement des achats des produits énergétiques dont la valeur dépend des fluctuations des cours et des taux de change au niveau international et des produits alimentaires, en particulier les céréales d’une part et de l’autre par l’importance des importations des biens d’équipements, liée à la dynamique d’investissement de l’économie nationale, précise la DEPF.

La croissante ouverture de l’économie marocaine ne s’est pas faite d’une manière équitable entre les exportations et les importations, remarque la DEPF, soulignant que le niveau des importations de biens se retrouve bien plus élevé que celui des exportations.

En effet, durant la période 2000-2011, le taux de progression des exportations marocaines de marchandises a été de 7,5% en moyenne annuelle contre 10,2% pour les importations.

Le rythme de croissance des exportations par rapport aux importations a été beaucoup plus faible durant la période 2000-2005, soit respectivement 4,7% et 9,2%. Cet écart a toutefois baissé entre 2006 et 2011, avec des taux de 8,5% et 11,2% respectivement.

Ce raffermissement des exportations au cours des dernières années a engendré une certaine amélioration de l’effort à l’exportation du Maroc, qui a atteint près de 20% en 2011, après le creux constaté en 2009. En moyenne, et malgré cette hausse, l’effort à l’exportation du Maroc a oscillé aux alentours de 17% entre 2000 et 2011.

Par ailleurs, la demande étrangère adressée au Maroc a connu un dynamisme soutenu sur la période 2000-2007, contre un rythme de croissance plus faible à la fin de la période en lien avec la crise économique et financière internationale.

Ce ralentissement constaté à partir de 2007 particulièrement en 2009, a été compensé au niveau d’autres marchés. En effet, le poids des pays hors Union européenne dans les exportations marocaines a considérablement augmenté passant de 24,3% en 2000 à 42,5% en 2012, à l’instar du Brésil, de l’Inde et du Pakistan qui ont vu leurs parts progresser à 5,7%, 5,3% et 1,6% respectivement en 2012, contre 0,9%, 4,2% et 0,4%, en 2000 grâce, notamment, aux phosphates et dérivés.

De même, les poids des exportations vers les Etats-Unis et la Turquie se sont renforcés, portés à 4,1 pc et 1,5% respectivement en 2012 contre 2,8% et 0,5% en 2000.

Par ailleurs, le taux de pénétration de l’économie, qui reflète la part du marché intérieur couverte par les importations, a connu une augmentation sensible durant les dernières années suite, notamment, aux différents accords de libre-échange conclus par le Maroc.

Les importations couvrent désormais 33,6% en moyenne du marché intérieur durant la période 2006-2011 contre 27,6% sur la période 2000-2005.

Sur les deux sous-périodes 2000-2005 et 2006-2011, le taux de couverture des importations par les exportations s’est dégradé de presque 11 points passant de 59,9% à 49%.

Ce rapport de la DEPF se propose d’établir une analyse de la compétitivité extérieure de l’économie nationale, à travers un ensemble d’indicateurs de la compétitivité. L’objectif étant de mieux situer le Maroc par rapport aux économies émergentes et d’apprécier le schéma de spécialisation internationale de notre pays.