Maroc : la facture énergétique bondit à  98 milliards de DH en 2012

La facture énergétique du Maroc, qui importe 96% de ses besoins en énergie, a dépassé les 98 milliards de DH en 2012, a affirmé, mardi à  Rabat, le ministre de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Abdelkader Amara.

Le ministre, qui répondait à une question orale sur « les défis de la politique énergétique au Maroc » dans le cadre de la séance de questions orales à la Chambre des représentants, a indiqué que le Maroc, qui vit un essor économique et social, a adopté une stratégie énergétique intégrée visant à accompagner l’augmentation de la demande sur l’énergie, avec un accent mis sur le développement des énergies renouvelables comme moyen de réduire la dépendance du Maroc vis-à-vis de l’étranger et préserver l’environnement.

A cet effet, l’arsenal juridique en la matière a été renforcé par l’adoption de la loi n 13-09 relative aux énergies renouvelables, la loi 16-09 en vertu de laquelle l’ancien Centre de développement des énergies renouvelables est devenu l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (ADEREE) et la loi 57-09 portant création de l’Agence marocaine de l’énergie solaire (MASEN), en plus de la création de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN).

Les premiers résultats concrets de ces efforts ont été le lancement officiel, sous la présidence effective de SM le Roi Mohammed VI, des travaux de construction du complexe solaire NOOR 1 à Ouarzazate, avec une capacité de 160 MW, et la sélection des entreprises aptes à participer à l’appel d’offres pour la réalisation de la 2ème et de la 3ème tranche de ce grand projet, dans le but d’atteindre une capacité de 500 MW à l’horizon 2015, a rappelé M. Amara.

Il a aussi mis l’accent sur la poursuite des travaux de construction de la station éolienne de Tarfaya, d’une capacité de 300 MW, ainsi que l’achèvement du montage financier pour la réalisation de la station éolienne de Taza, d’une capacité de 150 MW, soulignant la sélection d’un groupe de sociétés qualifiées pour participer à l’appel d’offres du programme national de l’éolien, qui totalise une capacité de 850 MW.

D’autre part, le ministre a fait savoir que des autorisations ont été délivrées au secteur privé conformément à la loi 13-09 pour la création de stations éoliennes d’une capacité de 320 MW, dont 200 MW seront disponibles cette année (100 MW à Akhfinir, 50 MW à Foum El Oued et 50 MW à El Houma) et 120 MW seront disponibles l’année prochaine, ajoutant qu’une première sélection a été faite pour déterminer les sociétés devant participer à l’appel d’offres pour la création des stations hydroélectriques d’Amdez (45 MW) et El Menzel (125 MW).

M. Amara a, par ailleurs, souligné la signature d’une convention de partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime pour développer l’utilisation de l’énergie solaire dans les programmes d’économie de l’eau d’irrigation, en plus de la mise en place et l’équipement de 4 laboratoires dans les universités et écoles d’ingénieurs par l’IRESEN.

Cet Institut a également lancé deux appels d’offres, le premier concernant le domaine de l’énergie photovoltaïque et qui s’est soldé par la sélection de 5 projets sur 36 propositions présentées par 96 institutions et entreprises nationales et internationales, alors que le deuxième porte sur l’énergie thermique.

Pour ce qui est des projets de prospection de pétrole, M. Amara a réaffirmé qu’à ce stade, « l’on ne peut parler de découvertes » exprimant l’espoir de voir les efforts déployés par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et ses partenaires apporter une réponse exacte à la question de « l’existence ou non de pétrole et de gaz sous le sol marocain, sachant que ces travaux de prospection comportent un risque élevé et nécessitent d’importants moyens financiers et techniques ».

Il a, à ce sujet, rappelé que la prospection de pétrole constitue l’une des bases de la stratégie visant la recherche de ressources énergétiques locales et la réduction de la dépendance énergétique sur le moyen et le long terme, relevant que le Maroc a réussi à attirer des compagnies leaders dans ce domaine grâce à une politique dynamique pour la promotion de ce secteur.

L’année 2013 enregistrera, à terme, un record en matière de prospection avec la réalisation de 11 puits d’exploration dans les zones considérées par les partenaires du Maroc comme potentiellement détentrices de réserves, alors que 20 autres forages sont prévus pour l’année 2014, a précisé le ministre.