Maintien du taux directeur… par manque de visibilité ?

Rien de nouveau par rapport à  la réforme de la compensation.

Le conseil de Bank Al-Maghrib, qui s’est réuni le 18 juin, a maintenu inchangé à 3% son taux directeur, considérant que l’inflation sur les six prochains trimestres ne devrait pas varier fondamentalement par rapport à l’objectif de stabilité des prix. Le geste attendu, du moins souhaité, d’une révision à la baisse, même légère, du taux de refinancement des banques n’est donc pas venu.

On peut penser que, précisément parce qu’il n’y a pas de pressions inflationnistes manifestes, la baisse du taux directeur pouvait se justifier. D’autant que les prix des matières premières, en particulier l’énergie, sont sur une tendance baissière ; ce qui est reflété d’ailleurs dans les importations sur les cinq premiers mois de l’année, avec une baisse de 16,2% (-7,4 milliards de DH) pour les produits énergétiques.

Il est vrai cependant que l’absence de visibilité concernant la réforme de la compensation est un facteur qui peut justifier, en tout cas expliquer, la prudence de Bank Al-Maghrib. Et la dernière réunion du conseil d’administration de la Caisse de compensation (14 juin 2013) n’a rien apporté de nouveau sur ce point, si ce n’est qu’en 2013, et compte tenu des fluctuations plutôt à la baisse des cours internationaux des produits subventionnés, et du niveau de la consommation domestique de ces produits, l’enveloppe globale de compensation pourrait s’avérer moins élevée qu’en 2012. C’est sans doute d’ailleurs au regard de cette évolution que la Banque centrale a prévu un déficit budgétaire de 5,5% en 2013. Cela signifie que, probablement, on anticipe des baisses plus importantes des prix des produits subventionnés sur le marché international. Sinon, au rythme du déficit enregistré jusqu’ici, le solde du budget devrait être négatif de 6,4% du PIB. Moins qu’en 2012, mais toujours élevé…