M. Amara : Le secteur minier, un pôle de développement régional et rural

L’activité minière peut être conçue comme un pôle de développement régional et rural, au regard de sa dimension économique, sociale et sociétale, a relevé le ministre de l’Energie, des mines, de l’Eau et de l’environnement, Abdelkader Amara, qui a pris part les 6 et 7 octobre courant à  Dubaï à  la 8 ème édition du MENA Mining Show, le Salon de l’industrie minière de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

« En effet, toute mine depuis sa découverte a besoin tout d’abord de l’espace foncier pour la mise en place de ses installations du jour, de l’énergie et de l’eau pour son activité, des pistes et des routes et/ou voies ferrées pour acheminer sa production et assurer son approvisionnement en inputs et éventuellement des ports pour exporter les produits miniers et importer les équipements et matières premières », a relevé M. Amara, qui intervenait au panel ministériel de « MENA MINING 2015 ».

Pour ce qui est de la vision 2025 du Maroc, le ministre a, en outre, rappelé que la stratégie de développement du secteur minier hors phosphates repose sur des objectifs ambitieux, à savoir le triplement du Chiffre d’affaires du secteur à plus de 15 Milliards de Dirham (MMDH), la multiplication par 10 du volume d’investissement dans l’exploration et la recherche minière à près de 4 MMDH et le doublement des emplois générés par le secteur à plus de 30.000 emplois directs.

S’agissant de la géologie, le Département de l’Energie et des Mines est actuellement doté d’une Direction centrale s’occupant de la géologie (Service géologique National), a-t-il informé, ajoutant que le Maroc aspire à booster le secteur minier et celui de l’exploration pétrolière et gazière et se doit logiquement de disposer d’une structure performante à même de rattraper le retard du programme de cartographie géologique.

« Nous avons mis en place une feuille de route déclinant notre vision 2015-2025 en projets cartographiques concrets et prioritaire. Le but recherché est d’accélérer le rythme de la production cartographique pour rattraper le retard cumulé au fil des années en matière de cartographie géologique », a-t-il expliqué.

M. Amara a, par ailleurs, relevé l’impératif de procéder à une restructuration de l’activité minière artisanale, laquelle portera sur la refonte du Dahir du 1er décembre 1960 portant création de la région minière de Tafilalet et de Figuig tout en levant les restrictions pour l’accès des investisseurs privés et en sauvegardant les droits des artisans mineurs.

« Cette restructuration devra s’opérer en encourageant l’ouverture sur l’initiative privée et en assurant un accompagnement social des artisans mineurs. L’intervention des opérateurs privés peut se faire moyennant des accords de partenariat avec les artisans mineurs basés sur un système d’indemnisation portant une redevance fixe ou (pas de porte) et des royalties en cas de découverte d’un gisement commercial », a-t-il ajouté.

Le ministre a, par ailleurs, traité des défis auxquels le secteur minier est confronté, liés notamment à des facteurs endogènes (Stabilité politique, la complexité des gisements, les préoccupations sociales et environnementales) et d’autres exogènes essentiellement imputables aux aléas des marchés mondiaux des minerais et métaux caractérisés par un comportement cyclique et volatile des cours.

« Il nous n’échappe guère que la rentabilité de tout projet minier présente une grande sensibilité à l’évolution de l’économie mondiale et au comportement non prévisible des cours mondiaux caractérisés par une volatilité et des fluctuations cycliques difficilement maitrisables », a commenté M. Amara.

Il a, dans le même cadre, précisé qu’une bonne géologie et des potentialités prometteuses sont insuffisants pour que le secteur minier contribue efficacement dans le développement socio-économique, en l’absence d’une bonne gouvernance, un cadre légal attractif et une structure de veille et de prospective pour être à l’écoute de ce qui se passe au niveau mondial et savoir quelles sont les substances les plus convoitées et les plus critiques. 

« A cela il y a lieu d’ajouter la disponibilité d’une information géo scientifique de qualité et mettre en place les dispositifs requis pour y accéder et assurer sa mise à la disposition de l’investisseur », a-t-il conclu.