Lutte contre la corruption : Une volonté d’en finir avec toutes les formes de prévarication

La stratégie marocaine de lutte contre la corruption qui sera lancée dans les prochaines semaines, vise à éradiquer toutes les formes de prévarication, a souligné mardi à St-Pétersbourg (Nord-Ouest de la Russie) le ministre délégué chargé de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, Mohamed Moubdie. Dans une déclaration à la MAP en marge de sa participation à la 6ème session de la conférence des Etats parties à la convention des Nations-Unis contre la corruption, le ministre a indiqué que le gouvernement s’apprête à mettre en œuvre une stratégie nationale globale pour les années 2015-2025, jugeant nécessaire un tel plan d’action d’envergure pour étoffer toutes les mesures et les initiatives lancées jusque-là et qui demeurent, selon lui, insuffisantes. Il a, rappelé à ce propos, la création de l’Instance Centrale de prévention de la Corruption, le Conseil National des Droits de l’Homme, le renforcement des prérogatives de la cour des comptes ainsi que celles de l’Inspection Générale de l’Administration Territoriale, sans oublier les autres mesures concernant notamment la loi sur les marchés, la généralisation du concours pour l’accès à la fonction publique ou encore la protection des témoins et les dénonciateurs des actes de corruption. Et de souligner que cette stratégie nationale de lutte contre la corruption qui concerne tous les départements ministériels, repose sur trois axes à savoir une nouvelle législation, une moralisation de la vie publique et aussi une matérialisation des conventions internationales. Tout en réaffirmant que la lutte contre la corruption figure par les priorités du gouvernement comme en témoignent les multiples mesures prises ces dernières années, M. Moubdie, note, cependant, que l’éradication de ce fléau est la responsabilité de tous et non pas seulement celle d’un département ou de l’Etat. Il a estimé, à ce propos, que la loi et les mesures répressives ne suffisent pas à elles seules d’en finir avec la corruption, appelant à la sensibilisation qui implique l’ensemble des composantes de la société, entre autres, les associations, les partis politiques et les médias. « Certes, les résultats enregistrés sur ce registre ne sont pas encore probants mais le gouvernement est résolument engagé pour lutter efficacement contre la corruption, un choix irréversible », a-t-il assuré, relevant que le fléau affecte toutes les sociétés et les pays dans le monde. Concernant, par ailleurs, sa participation à cette session onusienne qui se prolonge jusqu’au 6 novembre, il a mis en exergue les contributions de la délégation marocaine dans les travaux et la qualité des rencontres avec les participants qui ont désigné le Maroc comme rapporteur général, soulignant l’importance de ce conclave qui réunit les représentants des Etats signataires de la convention des Nations-Unis contre la corruption, preuve de leur détermination à inscrire leur action dans l’effort institutionnel international visant à éradiquer toutes les formes de prévarication qui nuisent à l’image des pays et freinent le processus de leur démocratisation et leur développement. Une session, a-t-il noté, qui consolide les acquis les résolutions prises lors des précédentes réunions, notamment celle tenue en octobre 2011 au Maroc, couronnée par la déclaration de Marrakech. Une feuille de route axée sur la prévention comme instrument de lutte contre toutes les formes de prévarication et représente aussi un des fondamentaux de la convention des Nations-Unis contre la corruption. Et de saluer les efforts déployés par l’Office des Nations-Unis contre le crime et la drogue pour lutter contre le fléau, appelant à la mutualisation des efforts pour progresser davantage sur ce chemin, et ce, dans le cadre de la convention des Nations-Unis contre la corruption. Une convention adoptée en 2003 par l’assemblée générale des Nations-Unis et signée à ce jour par 177 Etats. Elle concerne cinq volets à savoir l’incrimination des actes de corruption, la coopération internationale, le recouvrement des avoirs et des biens mal acquis, l’assistance technique ainsi que l’échange des informations. La délégation marocaine présente aux travaux présidée par le ministre délégué chargé de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, Mohamed Moubdie, comprend des représentants des ministères des affaires étrangères et de la coopération, de l’économie et des finances et de la justice et des libertés ainsi que de la mission permanente du Maroc en Autriche, de l’Instance Centrale de prévention de la Corruption et de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc.