L’USFP couve-t-il une scission ?

Des députés veulent se soustraire à  l’autorité du parti.

Après l’étape du congrès, l’USFP vit des lendemains peu réjouissants. L’ancien ministre et député de Fès, Ahmed Chami, vient de renoncer, avec fracas, à son poste fraîchement obtenu au bureau politique. Le départ de celui qui avait été pressenti pour le poste de premier secrétaire a été justifié par une propension de la nouvelle direction à «évincer systématiquement tous ses opposants» des postes de responsabilité. A peine ce départ annoncé, voilà qu’une partie du groupe parlementaire montre des velléités sécessionnistes. Le journal proche du PJD, Attajdid, en a même fait sa une. Et pour cause, un groupe qui compte à peu près le quart des élus socialistes, au nombre de 39, a fait part de son intention de se constituer en groupe indépendant et surtout…de soutenir le gouvernement.

Pour inquiétant que puisse paraître l’initiative, on en fait pourtant peu de cas à la direction de l’USFP. Selon une source proche de cette dernière, l’initiative ne devrait pas aller bien loin. Cela pour deux raisons : d’abord, il ne peut pas y avoir deux groupes d’un même parti au Parlement. Ce qui va contraindre ces élus mécontents à renoncer à l’étiquette USFP. Ce faisant, ils tombent sous le coup de l’article 61 de la Constitution qui stipule : «Tout membre de l’une des deux Chambres qui renonce à son appartenance politique au nom de laquelle il s’est porté candidat aux élections, ou le groupe ou groupement parlementaire auquel il appartient, est déchu de son mandat». Ensuite, explique toujours la même source, en décidant de soutenir le gouvernement, même d’un soutien critique, ils risquent l’exclusion du parti. Le bureau politique peut les exclure, auquel cas ils perdent également leur mandat.