Liquidités : les banques toujours asphyxiées

Leur déficit de trésorerie atteint 72 milliards de DH.

Le déficit de liquidités des banques s’aggrave encore et encore. Malgré la décision prise par Bank Al-Maghrib en septembre dernier d’abaisser le taux de la réserve monétaire obligatoire de 6% à 4%, ce qui s’est traduit par l’injection de 6 milliards de DH dans le système bancaire, celui-ci a vu son besoin atteindre un nouveau sommet à la fin du même mois. En effet, au 30 septembre, le déficit s’est établi à 72,3 milliards de DH, soit 1,7 milliard de plus par rapport au mois d’août et…35,7 milliards depuis le début de l’année !

Le besoin des banques a donc quasiment doublé, et ce, pour plusieurs raisons dont la principale est l’effritement des réserves de change. Les avoirs extérieurs nets détenus par la banque centrale ont de fait accusé une nouvelle baisse en septembre par rapport au mois d’août, à 134,3 milliards de DH (-2%), soit 32,4 milliards de moins depuis le début de l’année (-19,4%). La raison est connue : un déficit commercial croissant qui dépasse la valeur totale des exportations, des recettes touristiques et des transferts des MRE en baisse.

Du reste, l’argent qui quitte le système bancaire pour être utilisé en cash a augmenté de 2,4%, à 170 milliards de DH, et la position du Trésor auprès de Bank Al-Maghrib est déficitaire de 4,2 milliards.
Ceci n’est pas sans avoir une incidence sur les taux d’intérêt. Alors que le taux directeur de la banque centrale est à 3%, celui du marché interbancaire qui sert de référence à plusieurs types de crédits bancaires se montre de plus en plus volatil. Dernièrement, il a même frôlé les 4% et se situait le 17 octobre à plus de 3,6%. C’est dire que la vraie solution au problème du manque de liquidités est le redressement de notre commerce extérieur, ce qui est une affaire de long terme…