L’informel recule lentement, mais son poids reste prépondérant dans l’économie

• Une étude publiée par BAM a retracé la dynamique de l’économie informelle.

L’économie de l’ombre est encore prépondérante dans notre pays. Bien qu’il régresse lentement, le poids de l’informel se situe aujourd’hui à environ 30% du produit intérieur brut (PIB). C’est ce que révèle une étude intitulée «Mesure et évolution de l’économie informelle au Maroc», publiée par Bank Al-Maghrib (BAM). «L’économie informelle présente trois périodes d’évolution distinctes: au cours de la première période 1988-1998, où elle a stagné quasiment à environ 40% du PIB, dans la deuxième période 1999-2008, où son poids a reculé à environ 34%du PIB, et enfin durant la dernière période 2009-2018, la tendance à la baisse s’est poursuivie mais à un rythme plus modéré pour s’approcher de 30%», lit-on dans ce document de recherche.
Réalisée par Kamal Lahlou, Hicham Doghmi et Friedrich Schneider, l’étude affirme que les stratégies mises en œuvre depuis le début des années 2000 pour améliorer l’environnement institutionnel, économique et financier ont contribué à réduire la taille de l’économie informelle. Cependant, la persistance d’importantes activités informelles nécessite des réformes structurelles supplémentaires, selon les auteurs, notamment celles liées à l’éducation, au système judiciaire, à la politique fiscale et au marché du travail. Pour eux, une stratégie de formalisation devrait inclure des réformes intégrées qui traitent de la complexité et des particularités de l’informalité dans chaque secteur.
Dans la batterie de mesures proposées pour intégrer l’informel dans l’économie structurée, l’étude recommande le renforcement de la coordination et le suivi des politiques qui ciblent l’économie de l’ombre, l’évaluation continue de l’évolution de cette économie et le renforcement du système de détection, grâce à l’échange d’informations entre les différentes institutions. De même, elle préconise le développement des capacités et processus de l’Administration fiscale pour des contrôles fiscaux plus ciblés, la perception des impôts et cotisations sociales par une seule Administration fiscale et la mise en place de mesures d’incitation fiscale et ce, à travers de larges consultations entre les différents acteurs.