L’impôt agricole, une aubaine pour les politiciens

Il a été très débattu lors des Assises de la fiscalité.

Il est des sujets qui passionneront encore et toujours. C’est le cas de l’impôt agricole. Lors des Assises de la fiscalité, qui se sont tenues les 29 et 30 avril, la question de la refiscalisation ou non de l’agriculture s’est invitée au débat lors du premier panel au moment où les intervenants débattaient des exonérations fiscales. Or, il est très étonnant que les participants se soient focalisés, et pendant longtemps, sur le cas agricole en oubliant d’autres secteurs qui bénéficient de plus d’exonérations que l’agriculture. On peut en citer, entre autres, l’immobilier. Ce dernier est d’ailleurs le premier bénéficiaire puisque, en 2012 par exemple, il a eu droit à plus de 6,3 milliards de dirhams au titre des exonérations. Les entreprises exportatrices, tous produits confondus, ont eu droit à 4,4 milliards, les industries alimentaires à 2,8 milliards ou encore le transport avec 1,2 milliard DH.

Il est vrai que le cas agricole porte une connotation politique dont raffolent beaucoup de nos politiciens. Car quand bien même on remettrait un impôt au secteur agricole, et les intervenants l’ont tous reconnu séance tenante, près de 80% des agriculteurs, si ce n’est plus, en seraient exonérés du fait de la faiblesse de leurs revenus et de la taille de leurs exploitations. De l’autre côté, il faut savoir aussi que le secteur agricole n’est peut-être pas si exonéré qu’on le croit puisqu’il est assujetti à la TVA, que beaucoup d’agriculteurs ne récupèrent pas, et d’autres taxes. Les représentants de la profession qui étaient dans la salle n’ont d’ailleurs pas manqué de prendre la parole pour remettre les pendules à l’heure. L’inusable Ahmed Ouayyach de la Comader a été égal à lui-même en expliquant que le secteur est prêt à contribuer mais que rien ne pourra se faire sans la participation des professionnels.