Les sociétés de leasing «abusent» des garanties

Elles exigent des hypothèques alors que les biens financés sont à  leur nom.

Pour les sociétés de leasing, tous les moyens sont bons pour se couvrir. Selon des sources très proches du secteur, ces organismes exigent désormais des garanties réelles aux clients désireux de financer leurs biens, notamment le matériel roulant. Cette précaution concerne en effet essentiellement le crédit-bail mobilier en raison de l’amortissement que subit le matériel financé.

Beaucoup de cas ont été répertoriés où la société de leasing refuse carrément le financement en l’absence de sûretés réelles. Pire, même les entreprises qui ont pignon sur rue et qui ont leur nom au niveau de la place, trouvent aujourd’hui des difficultés à décrocher l’aval des comités de crédit. Nos sources rapportent le cas récent d’une société qui réalise plus de 70 MDH de chiffre d’affaires dont le propriétaire s’est vu obligé de présenter sa villa en garantie pour financer son parc. «L’on comprend que les temps sont durs et que les établissements de crédit veulent se prémunir notamment dans un contexte de recrudescence des impayés, mais le fait d’exiger une hypothèque alors que le bien financé reste propriété de la société de leasing constitue un abus flagrant et empêche plusieurs entreprises de se financer», estime un banquier. Toutefois, le directeur commercial d’une grande société de leasing confirme qu’il s’agit de cas isolés où l’exigence d’une hypothèque est justifiée par le profil de risque de la contrepartie. «Cela ne constitue pas une pratique courante au niveau du secteur», ajoute-t-il.

Sur ce fond, la baisse de l’activité se poursuit encore et de manière plus prononcée au premier semestre 2014, selon les opérateurs. Déjà en 2013, la production de crédit-bail a décroché de 5,5%, à 12,9 milliards de DH. Le leasing mobilier, qui pèse 80% de l’activité, a été plus affecté en essuyant une baisse de 7,5%.