Les salafistes préparent-ils un PJD-bis ?

Le PRV de Mohamed Khalid veut les intégrer dans ses rangs.

Les salafistes sont-ils en train de reproduire le scénario qui a conduit à la création du PJD ? Les échos du deuxième congrès du PRV (Parti de la renaissance et de la vertu), parti né d’une scission en 2005 du PJD, confortent cette thèse. La présence remarquée des chioukhs salafistes les plus en vue à l’ouverture du IIe congrès (le 21 avril) et la mention de la nécessité de trouver une solution au dossier salafiste dans les conclusions du même congrès rendent plus que probable ce scénario. De même que le PRV est en train de revoir sa ligne politique pour se rapprocher de plus en plus du courant salafiste. Certains chioukhs n’excluent pas, eux-mêmes, cette possibilité. «Il n’est pas exclu que les jeunes du mouvement salafiste, de plus en plus intéressés par l’action politique dans un cadre légal, optent pour une adhésion en masse au PRV», expliquent-ils. Sauf que, ajoutent les mêmes sources, cela ne devrait certainement pas se faire dans les mêmes conditions et selon le même mode qu’ont suivi les membres du MUR en adhérant, en 1996, au MPDC de feu Abdelkrim El Khatib.

Selon d’autres sources, la nouvelle direction du parti devrait entreprendre incessamment des démarches permettant d’intégrer des figures de proue salafistes dans les instances dirigeantes du parti. En ce sens, Mohamed Abdelouahab Rafiki (alias Abou Hafs), le plus modéré de la clique après sa sortie de prison en févier 2012, est pressenti pour faire partie du nouveau bureau politique en cours de formation du PRV. C’est le cas également de son ancien codétenu qui, contrairement à lui, ne semble pas avoir renoncé à beaucoup de ses idées, Hassan Kettani. Bien sûr, précise-t-on, il ne s’agit pas de tous les salafistes. Ces derniers sont, en effet, divisés en multiples courants qui ne sont pas souvent en bons termes.