Les piles électriques Superlux en danger

L’Electrochimie Africaine est menacée par les importations.

Qui ne connaît pas la marque emblématique des piles sèches électriques Superlux, et son célèbre spot publicitaire du «cheval blanc» des années 1980 ? Cette marque marocaine, fabriquée par la société L’Electrochimie Africaine, basée à Tanger, a connu une longue période de gloire depuis sa création en 1962 par la famille Abaâkil… avant de sombrer aujourd’hui dans une situation des plus difficiles. En effet, selon des sources au ministère de l’industrie, la société est gravement menacée par la saturation du marché marocain par les produits importés. Des produits qui sont, outre les grandes marques internationales, majoritairement de mauvaise qualité et vendus à des prix dérisoires. De plus, L’Electrochimie Africaine, poursuivent les mêmes sources, soupçonne des pratiques douteuses de la part de certains importateurs qui déclarent de faux pays d’origine pour leurs produits dans le but de bénéficier de taux réduits des droits d’importation.

Quoi qu’il en soit, cette situation a gravement affecté le producteur local. Ce dernier a même cessé l’activité de son usine sise à Berrechid (acquise en 1985) et travaille presque à mi-temps au niveau de son usine principale de Tanger. Cette situation est perceptible au niveau du chiffre d’affaires de la société, lequel a baissé de 50% durant les cinq dernières années. Conséquence directe : les effectifs employés par L’Electrochimie africaine ont sensiblement été réduits, passant de 350 il y a une décennie à près de 200 actuellement.

De fait, la marque Superlux, qui peut approvisionner tout le marché maghrébin grâce à la capacité de production de L’Electrochimie Africaine, a clairement besoin de mesures de sauvegarde, à l’instar de ce qui est en train de se faire pour plusieurs industries locales comme le PVC ou la sidérurgie.