Les ménages marocains trop endettés !

Leur dette financière a augmenté de 4,4% en 2017 pour culminer à plus de 320 milliards de DH.

La dette des ménages continue de prendre de l’ampleur. Selon les conclusions du dernier rapport de Bank Al Maghrib sur la stabilité financière, les engagements des ménages, mesurée par la somme des crédits accordés aux particuliers par les banques et les sociétés de financement, ont atteint 323 milliards de dirhams à fin 2017, représentant 33% du total des crédits accordés à l’ensemble des agents économiques. Cette dette financière s’est inscrite en hausse de 4,4% par rapport à l’année 2016, soit quasiment le même rythme de progression observé depuis 2013, alors que celui des années antérieures était beaucoup plus rapide (10,8% en moyenne entre 2008 et 2012 et de 14,6% entre 2004 et 2012, avec un pic de 31,7% en 2007). En pourcentage du PIB, la dette financière des ménages s’est établie à près de 30%, niveau quasiment stable durant les cinq dernières années. Comparativement à d’autres économies émergentes et en développement et sous réserve de toutes les spécificités les caractérisant, le niveau d’endettement des ménages au Maroc demeure élevé.La dette financière des ménages est principalement portée par les crédits à l’habitat qui en représentent près de 64% contre 36% pour les crédits à la consommation. Cette structure est demeurée stable durant les quatre dernières années.

. Les dépôts bancaires constituent 80% du patrimoine des ménages

En face, le patrimoine financier des ménages a totalisé près de 762 milliards de dirhams en 2017, en progression de 6,8% (près de 36 milliards) contre 5,4% une année auparavant. La structure de ce patrimoine est demeurée la même depuis plusieurs années avec une part dominante des dépôts bancaires qui ont représenté en 2017 plus de 80% dudit patrimoine (634 milliards de dirhams en 2017 en hausse de 6%), alors que celle des valeurs mobilières et de l’assurance vie en a représenté 10% et 7% respectivement. Force est de relever, enfin, que les ménages ont renforcé leurs placements en titres, sous forme de valeurs mobilières avec un encours de 51 milliards de dirhams en hausse de 6,7% en 2017.