Les grèves reprennent dans les communes

La menace de ponction dans les salaires n’est pas dissuasive.

Voilà, c’est reparti. Les citoyens feront encore la queue devant les Mouqataâte sans être sûrs d’être servis. Autorisations diverses, légalisations, actes de naissance…, ce sera encore une fois la galère. Et pour cause, deux centrales syndicales ont lancé le mot d’ordre dans l’ensemble des collectivités locales à travers le pays. L’ODT, un petit syndicat affidé au Parti socialiste, annonce la première grève pour les 18, 19 et 20 septembre. Une semaine plus tard, c’est la Fédération des collectivités locales affiliée à l’UMT qui observe un débrayage de deux jours, les 26 et 27 septembre. Cela implique une grande perturbation dans la fonction de ces administrations et, surtout, la reprise de toute une série de pratiques répréhensibles qui se nourrit de ces grèves.

Que fera le gouvernement ? Son chef, Abdelilah Benkirane, a promis à maintes reprises de sévir. Comment ? En ponctionnant les salaires des grévistes. Il a déjà donné des consignes strictes en ce sens. Et c’est sur cette base que le ministère de l’intérieur a diffusé une circulaire aux responsables de l’administration territoriale qui incite ces derniers à défalquer les jours de grèves sur les salaires des grévistes. Seulement, les choses ne sont pas aussi simples, en tout cas pas comme elles le sont pour le commun des fonctionnaires. Les rétributions des agents des collectivités locales sont prélevées sur le budget des communes. Le hic, c’est lorsque les présidents des communes rechignent à soumettre aux gouverneurs et aux walis la liste du personnel de leurs communes qui a fait grève. Bien sûr, derrière ce comportement se cachent souvent des motifs d’ordre électoraliste. Et c’est en définitif l’usager/électeur qui en fera les frais !