Les abus bancaires vus par le médiateur

Commissions excessives, opérations inexécutées, taux non contractuels…

Beaucoup de choses se disent sur les abus bancaires au Maroc, mais au final l’on continue de mal cerner ce phénomène. Alors quand un acteur impartial tel que le médiateur bancaire s’exprime sur la question, ses conclusions méritent que l’on s’y attarde. Ce dernier a dressé un inventaire des abus les plus fréquents observés durant une période de 3 ans. La liste qui en ressort touche d’abord des défaillances dans l’exploitation des banques qui sont dommageables au client. En effet, l’exécution des opérations (ATD, Bourse…..) par les agences n’est pas convenablement appliquée malgré les instructions des responsables centraux. Cela peut donner lieu à des délais d’exécution invraisemblables. «Une banque de la place a marqué un retard de plus de deux ans pour opérer un débit en compte de chèque à payer sans apporter d’explication au client», illustre le médiateur.

Les banques se font également tirer les oreilles pour ce qui est de l’information insuffisante des clients concernant les produits bancaires avec en première ligne le crédit Moukawalati, la bancassurance, le crédit revolving ou encore le rachat de crédit. Le flou règne également autour des incontournables commissions «multiples et excessives», perçues parfois sans avis et sans explication au client avec pour certaines une application rétroactive. Mais les négligences des banques les plus préoccupantes restent celles liées au crédit. Cela va de l’application parfois de taux d’intérêt supérieurs aux taux contractuels à, plus grave encore, l’octroi de crédits excessifs eu égard à la capacité réelle de remboursement des clients. De fait, les mensualités atteignant 50% du salaire sont plus fréquentes qu’on ne le pense. Le médiateur estime que le commissionnement des commerciaux les pousse à proposer ces produits d’une manière quelque peu anarchique.