Légalisation du cannabis : Comment le PJD prend en otage les institutions

• Pour le gouvernement, le texte doit passer avant la fin de la session. Chaque retard éloigne le Maroc de la perspective de tirer profit de cette culture.

Le PJD veut absolument saper le processus d’adoption du projet de loi relative aux utilisations légales du cannabis. Mercredi, en réunion de la commission de l’intérieur, le chef du groupe parlementaire du parti islamiste a mis en avant plusieurs conditions pour que le texte passe. Entre autres conditions, il a exigé l’aval de la direction des médicaments et de la pharmacie et la direction de l’épidémiologie du ministère de la santé. Son collègue Al Moqrie Abouzaid exige, lui, que le conseil supérieur des oulémas soit consulté au préalable avant d’entamer le débat de ce texte.
Quelques jours avant la présentation du projet de la loi en commission, le groupe parlementaire du parti islamiste a demandé, pêle-mêle, un avis du CNDH, un autre du Conseil économique, social et environnemental et un troisième du Conseil de la concurrence. Il a également soumis une demande au bureau de la Chambre pour constituer une commission d’information auprès des habitants des provinces concernées par cette culture et une autre commission d’information sur les centres d’addictologie. Et ce n’est que sur la base des avis, rapports et études de tous ces organismes et instances que les députés pourraient enfin entamer l’examen de ce texte. Il est clair que le PJD, parti aux velléités hégémoniques qu’il est, tente par tous les moyens de retarder, voire saboter l’adoption de ce projet de loi parce que cela n’est pas dans son intérêt. Mais le ministre de l’intérieur n’est pas de cet avis. Élections ou pas, le projet de loi doit être adopté avant la fin de ce mandat. Une équipe technique qui a d’ailleurs accompagné le ministre a planché sur cette question pendant deux années. «Ils ne faisaient rien d’autre», affirme le ministre.
De même que les avis de tout le monde ont été pris en considération. Retarder l’adoption de ce texte pour après les élections comme le veut le PJD équivaudrait à une perte de trois ans. D’ici-là personne ne voudra plus du cannabis marocain, même en tant que drogue. Cela dit, encore une fois le PJD s’est montré contre tout le monde, juste par crainte que le parti n’éclate si ce projet de loi voit le jour.