Le PPS sur les traces de l’Istiqlal ?

Son congrès de fin mai peut décider un retrait du gouvernement.

A peine le gouvernement Benkirane II installé que le doute pèse déjà sur la solidité de la majorité qui est derrière. Cette fois, c’est du PPS, jusque-là allié indéfectible du chef du gouvernement, que vient le danger. Le parti tient son congrès, le IXe, dans moins de quatre mois, vers fin mai. Et il n’est pas exclu, pour reprendre les termes d’un dirigeant, que le congrès décide de se retirer du gouvernement comme l’a fait l’Istiqlal une année plus tôt. «Le congrès est seul maître de sa décision», laisse-t-on entendre. C’est que les gauchistes du gouvernement font montre, depuis déjà la fin de l’année dernière, d’un mécontentement à peine contenu. L’issue des négociations de la formation de l’actuel gouvernement n’est certainement pas pour plaire au PPS qui voit son secrétaire général privé d’une grande partie de ses prérogatives après que son ministère a été scindé en deux. Peu après, le PPS signale une des premières fissures du nouvel édifice de la majorité. «Les orientations générales de la Loi de finances 2014 n’ont pas été discutées au sein de la majorité gouvernementale», a annoncé, en substance, le chef du parti devant les membres de son conseil national réuni fin octobre dernier. En même temps, la frange des militants hostiles à la participation au gouvernement ne cesse de prendre de l’ampleur. Ce qui fait dire à certains analystes politiques que le scénario du retrait du PPS n’est pas totalement exclu. Cela ferait partie d’un processus d’affaiblissement et d’épuisement du PJD. Auquel cas les islamistes seraient contraints d’entamer de nouvelles, pénibles et fastidieuses négociations avec l’UC pour le convaincre de combler le vide laissé par le départ du PPS, avec ce que cela suppose comme perte de temps politique et nouveau report des réformes. Il se peut très bien que l’UC rejette l’offre et que la nouvelle opposition, majoritaire, fasse tomber le gouvernement.