Le ministre de l’intérieur cible d’un tir nourri du PJD

Le parti le convoque à  deux reprises au Parlement.

Depuis que le ministre de l’intérieur a annoncé devant le Parlement, le 10 juin, qu’il n’y aurait pas une révision radicale de l’ensemble des textes électoraux, il ne cesse d’essuyer un tir fourni du PJD. Quelques jour après cette date, le chef du gouvernement, qui intervenait dans une réunion interne du parti, déclare que «les agents du ministère de l’intérieur qui se rendraient coupables de dépassement au profit du parti que vous connaissez seraient automatiquement poursuivis en justice».

Depuis, les élus et responsables islamistes se lâchent. Le groupe parlementaire, en la personne de son chef Abdellah Bouanou, s’emporte littéralement contre une proposition du ministre de faire bénéficier les partis du financement privé. En même temps, le groupe enchaîne les convocations du ministre devant le Parlement pour s’expliquer d’abord sur la situation des auxiliaires de l’autorité (chioukhs et moqaddems), puis, et c’est l’objet d’une autre convocation, pour justifier comment les recettes de la TVA sont redistribuées aux communes.

Le ministre est également appelé à s’expliquer sur la politique du FEC. En parallèle, les députés PJD attaquent la Direction générale des collectivités locales (DGCL) qu’ils accusent de «clientélisme» et de «népotisme». Le groupe parlementaire du parti accuse ainsi cette direction de privilégier certaines tendances politiques lors de la distribution des subventions de l’Etat aux communes.

Ces attaques contre le ministère de l’intérieur interviennent pour l’affaiblir et susciter le doute sur ses capacités à organiser et superviser des élections transparentes. Ce faisant le PJD suggère d’écarter le ministère de l’intérieur de l’organisation des prochains scrutins électoraux en confiant cette opération au chef du gouvernement. En toute réponse, le ministre de l’intérieur assure que les élections se dérouleront sous le sceau de la transparence.