Le ministre de la Santé dément le retrait du projet du service sanitaire national obligatoire

Le ministre de la santé, El Houcine El Ouardi a démenti le retrait par son département du projet du service sanitaire national obligatoire, objet de plusieurs sit-in de contestation organisés par les étudiants en médecine, pharmacie et en médecine dentaire, ainsi que les médecins résidents et internes.


Le ministre, qui répondait mardi à onze questions d’actualité lors de la séance des questions orales à la Chambre des conseillers, a souligné qu’un accord a été convenu, la semaine dernière, entre les étudiants concernés et les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle stipulant notamment « à ne pas soumettre le projet du service sanitaire national, dans sa version actuelle, à la procédure d’approbation », expliquant qu’il ne s’agit pas d’un retrait du projet.

Tout en assurant que le ministère s’engage à respecter et à mettre en oeuvre les dispositions contenues dans cet accord, M. El Ouardi a relevé que l’accord, qui souligne également la nécessité de trouver une solution alternative, ne sacre « ni vainqueur ni vaincu ».

Le ministère n’est pas attaché au projet ou à une version quelconque, mais s’attache à trouver une solution efficace et rationnelle pour les zones périphériques, a-t-il affirmé, considérant que parmi les avantages dudit projet, c’est qu’il a enclenché le débat autour de la question des infrastructures sanitaires au niveau du monde rural.

Il s’agit d’un avant projet et non d’un projet définitif et obligatoire, a soutenu le ministre, notant que 70 pc des Etats dans le monde appliquent ce service.

Et M. El Ouardi de relever que ce service, en cas d’application, permettra un redéploiement équitable des cadres de la santé au niveau national, la création de postes d’emploi et la mise en fonction de différents hôpitaux et centres sanitaires fermés, en faveur d’une mise en oeuvre optimale du programme RAMED, tout en permettant aux étudiants médecins d’acquérir une expérience professionnelle.

Le Maroc connait un « déficit qualitatif et quantitatif » en matière des ressources humaines spécialisées dans le domaine de santé, avec 1,51 cadre de santé pour 1000 personnes, alors que l’Organisation internationale de la Santé recommande à chaque Etat qui veut réformer le secteur d’assurer une moyenne de 2,5 cadres de santé pour 1000 personnes, a -t-il indiqué, soulignant la mauvaise répartition au niveau national, puisque 45 pc de médecins se concentrent dans l’axe Rabat-Casablanca alors que seulement 24 pc sont présents en milieu rural et les zones périphériques.

Cette situation conduit à une disparité entre les milieu urbain et rural, d’une part, et la fermeture de plus de 100 hôpitaux et centres sanitaires, a-t-il conclu.