Le marché du travail vu par le HCP et la Banque mondiale

Le Maroc connaît une transition démographique qui constitue une opportunité, à condition que le marché du travail absorbe le surplus de population en âge de travailler.

La note d’information sur le marché du travail, rédigée conjointement par le HCP et la Banque mondiale -dans le cadre de la convention de partenariat signée en avril 2016 par les deux institutions-, offre une analyse assez fine et contrebalancée de la situation de l’emploi au Maroc.

Après avoir noté les améliorations réalisées au cours des quinze dernières années, en particulier les progrès de la scolarisation, le recul de la pauvreté, l’augmentation du PIB par habitant, la mise en place d’un code du travail «conforme aux standards internationaux», le document pointe les insuffisances qui caractérisent le marché du travail au Maroc, dont certaines sont en réalité assez largement connues. Il en est ainsi, par exemple, de la faiblesse des créations d’emplois, de la faible qualité des emplois créés, du manque d’inclusion résultant de l’insuffisante intégration des jeunes et des femmes dans le marché du travail…

Cependant, la transition démographique en cours au Maroc offre une belle opportunité pour le pays en forme de croissance de la taille du marché du travail au cours des années à venir. Toutefois, cette opportunité n’en est vraiment une qu’à condition que la population en âge de travailler, qui compte aujourd’hui 25 millions de personnes (et qui gonflera de 430 000 personnes par an en moyenne jusqu’en 2030) parvienne à s’insérer convenablement dans le marché du travail. Pour cela, il faudrait, selon les deux institutions, absolument augmenter le niveau d’éducation de la population, globalement assez faible aujourd’hui avec 5 années de durée de scolarisation ; améliorer le taux d’activité par une insertion plus grande des femmes, notamment, dans le marché du travail ; s’attaquer à l’informalité (approchée ici par l’absence de couverture médicale) qui demeure une forte caractéristique de l’emploi au Maroc puisque son niveau atteint 86% des emplois dans le secteur privé…

Sur le plan de la législation du travail, le document estime que si le code du travail a apporté des améliorations «significatives», il demeure cependant «incomplet» en ce sens qu’il ne couvre pas certains domaines, comme la formation professionnelle, la sécurité sociale, la protection sanitaire, le régime mutualiste, etc. Cette partie du document ayant été rédigée par la Banque mondiale, c’est assez logiquement que les questions de flexibilité et de coût salarial, entre autres, y sont évoquées comme autant d’obstacles à l’amélioration du marché du travail au Maroc