Le gouvernement fait la sourde oreille à  l’appel de l’IATA

La taxe sur l’aérien fera perdre 1.1 milliard de DH par an au Maroc.

Le débat sur le bien-fondé de l’instauration d’une nouvelle taxe sur l’aérien a dépassé les frontières du Maroc. Quelques jours avant le vote du projet de Loi de finances 2014, c’est l’Association internationale du transport aérien (IATA) qui s’est elle-même impliquée à travers une correspondance officielle envoyée à trois départements ministériels, à savoir le tourisme, les finances et le transport. Dans sa lettre, l’IATA a tenté de convaincre le gouvernement de surseoir à cette nouvelle taxe en démontrant tous les effets négatifs qu’elle risque d’avoir, pas seulement sur les opérateurs directement concernés mais sur l’économie tout entière. Deux chiffres, mis en avant par l’IATA, font particulièrement peur : un manque à gagner de 1,1 milliard de DH sur le PIB et pas moins de 13000 emplois qui risquent d’être perdus. A cela, l’IATA ajoute que la compagnie nationale, Royal Air Maroc, sera la première à subir directement l’effet de la taxe avec une perte de chiffre d’affaires estimée à 10 millions de dollars par an. A l’origine de cette perte, la baisse du nombre de visiteurs étrangers qui arrivent par voie aérienne au Maroc que l’association estime à pas moins de 104 000 par an.

Au-delà de ces chiffres, l’IATA explique ne pas comprendre la logique du gouvernement dans l’instauration de la nouvelle taxe qu’elle qualifie de contre-productive pour le tourisme marocain, de contradictoire avec l’esprit de la Vision 2020 et surtout de constituer une flagrante violation des politiques de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) dont le Maroc est membre. Mais visiblement, tous les arguments de l’IATA n’ont pas interpellé le gouvernement qui a préféré faire la sourde oreille en maintenant la nouvelle taxe qui, selon ses estimations, devrait rapporter 1 milliard de DH aux caisses de l’Etat…