Le financement bancaire ou l’histoire de l’œuf et de la poule !

La croissance du crédit ne décolle pas en 2015 : +2,7%, selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib.

Pratiquement toutes les branches de l’activité économique sont touchées par la décrue : -5,1% pour le BTP, -5,9% pour les industries manufacturières, et -6,2% pour le commerce, réparation d’automobiles et d’articles ménagers. Seules les branches transports et communications (+12,7%) et les activités financières (+18,2%) affichent des évolutions positives. On notera tout de même que pour les transports et communications, la hausse est tirée par les crédits de trésorerie (+28,7%) tandis que ceux destinés à l’équipement ont au contraire fortement baissé (-7,1%). De fait, le crédit bancaire, depuis 2008, connaît une tendance de ralentissement telle que cela a dû alerter les autorités les plus concernées par le sujet. Le 26 janvier dernier, en effet, Bank Al-Maghrib, la CGEM et le GPBM se sont réunis pour tenter de cerner les tenants et les aboutissants de ce dossier et la rencontre s’est achevée sur la décision d’adopter un plan d’action et des mesures concrètes pour relancer le crédit au profit des entreprises, en particulier les toutes petites.

Une question centrale reste néanmoins toujours posée : la baisse prononcée du rythme de distribution des crédits est-elle due à la faiblesse de la demande, comme le répètent à l’envi des responsables de banques, ou, au contraire, au difficile accès des entreprises au financement bancaire ? Voici une interrogation qui amène une autre: les banques doivent-elles respecter rigoureusement les règles prudentielles ou, au contraire, s’en affranchir de temps en temps pour que le robinet du crédit ne s’arrête pas ? Comment à la fois encourager le financement et se prémunir contre les défauts ? Est-ce possible avec le système bancaire tel qu’il fonctionne de nos jours ?

S.A.