Le débat sur le sacrifice du mouton refait surface en Belgique à  l’approche de l’Aid Al Adha

A quelques semaines de l’Aid Al Adha, le débat sur le rituel du sacrifice bat son plein, notamment en région flamande où les autorités se dirigent vers l’interdiction de l’abattage des bêtes sans étourdissement.

Dans cette région, qui connait une forte concentration de la communauté musulmane, un ministre en charge du bien-être animal a annoncé récemment sa décision d’interdire la pratique du rituel sans étourdissement, cédant à la pression notamment des associations de défense des animaux mais surtout, dit-il en application de la législation européenne et d’un arrêt du Conseil d’Etat.

La technique de l’étourdissement consiste à assener à l’animal des décharges électriques qui le rendent inconscient avant la mise à mort ou encore à l’asphyxier au dioxyde de carbone dans des chambres à gaz, un procédé considéré en Europe moins cruel envers les animaux et qui leur procure, dit-on, moins de souffrance. 

Cette décision a provoqué l’ire de la communauté musulmane de Belgique qui y voit une restriction au libre exercice du culte.

Pour le président de l’exécutif des Musulmans de Belgique (EMB), Noureddine Smaili cette interdiction risque de donner lieu à des pratiques illicites, notamment l’abattage clandestin qui peut avoir des conséquences désastreuses sur la salubrité publique, la santé des consommateurs et l’hygiène.

Le président de l’EMB, qui s’est exprimé cette semaine sur le sujet dans la presse et à travers les médias belges, a mis en garde contre les répercussions économiques de cette décision et les risques que peuvent représenter les circuits parallèles en matière d’importation et de distribution des viandes. 

La décision flamande a suscité également la réaction de la communauté juive qui pratique elle aussi le rituel de l’abattage de purification dit  »la shehita ». Le Forum des organisations juives (FJO) a estimé qu’une telle mesure porterait atteinte aux intérêts de cette communauté et à ses pratiques ancestrales qu’elle a toujours exercées dans ce pays en toute liberté et sans que cela ne pose le moindre problème ni pour les autorités ni pour la société. 

Selon les médias, l’interdiction peut s’étendre à d’autres régions belges sauf la ville de Bruxelles qui se verra contrainte de réserver cette année un nombre plus important d’abattoirs. 

La fête du sacrifice en Belgique est organisée sous la supervision de l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA) en collaboration avec les organes représentatifs de la communauté musulmane et les autorités locales.

A la veille de chaque Aid Al Adha, GAIA, une association de défense des droits des animaux, mène des actions contre l’abattage des moutons. 

En octobre dernier, cette association a organisé une marche de protestation à Bruxelles réclamant la modification de la législation belge sur le bien-être animal en rendant obligatoire l’étourdissement même pour les abattages rituels.