L’absentéisme des députés a un prix : 1 000 DH par jour

A l’issue de la 3e absence, leurs salaires seront ponctionnés.

Karim Ghellab, président de la Première Chambre, l’avait promis, il l’a fait. Le Parlement commencera à appliquer dès lundi 23 juillet des mesures concrètes contre l’absentéisme des députés. Ainsi, une première absence non justifiée vaudra aux députés un avertissement. En cas de récidive, les absentéistes verront leurs noms cités en public au début de la séance des questions orales. A partir d’une troisième absence non justifiée, ils se verront défalquer de leurs émoluments 1000 DH pour chaque jour d’absence.

Il faut préciser qu’il ne s’agit pas seulement d’absence lors des questions orales, mais aussi au moment des débats et de vote des textes de loi en commissions et en séances plénières.

La décision de sévir contre l’absentéisme des députés a été prise lors d’une réunion du bureau de la Chambre et des présidents des groupes parlementaires tenue lundi 16 juillet. Ceci en application de l’article 69 de la Constitution et des articles 67 et 68 du règlement intérieur de la première Chambre.

Il faut dire que l’absentéisme est une tare structurelle chez notre Parlement. On compte une moyenne de 30% d’absence des députés au cours d’une session. Et ça peut être pire. Ainsi, seuls 74% des députés (soit 186 sur 395) ont pris la peine de participer au vote, le 11 avril dernier, du projet de Loi de finances. La première loi organique présentée par le gouvernement Benkirane a mobilisé à peine 42% des députés au moment de son vote en séance plénière, le 5 mai dernier.

A ce jour, seul le PJD a pu contraindre ses députés à une discipline stricte en la matière. Les élus islamistes sont non seulement tenus d’être présents, mais aussi de présenter régulièrement un rapport détaillé de leurs activités devant leurs électeurs.