La fuite de recettes fiscales fait perdre aux Palestiniens 305 millions de dollars par an

La fuite des recettes fiscales au profit d’Israël fait perdre aux Palestiniens près de 305 millions de dollars par an, un manque à  gagner qui pénalise durement l’économie palestinienne, selon un rapport de l’ONU rendu public mardi.

« Cette somme suffirait à couvrir au moins 18% de la masse salariale de l’Autorité palestinienne », souligne la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, estimant que « seule la fin de l’occupation peut permettre un développement soutenu ».

D’après le rapport, le montant des taxes impayées sur les biens de contrebande en provenance d’Israël représenterait 17 % des recettes fiscales palestiniennes, soit environ 305 millions de dollars en 2012.

Si ces fuites pouvaient être contenues et si les ressources étaient transférées au trésor palestinien, la hausse des recettes assurerait aux Palestiniens une marge d’action budgétaire importante et contribuerait à stimuler la croissance économique et l’emploi, relève l’agence onusienne.

« Le produit intérieur brut du territoire palestinien occupé augmenterait de 4 % et 10 000 emplois supplémentaires seraient créés chaque année », indique-t-elle.

Le rapport précise cependant que ces pertes fiscales ne concernent qu’une seule source et ne tiennent pas compte de nombreuses autres sources de « fuites », dont les taxes sur les revenus des Palestiniens travaillant en Israël et les pertes de recettes dues à la sous-facturation des produits importés.

Selon les estimations de la CNUCED, 39 % des marchandises importées par l’Autorité palestinienne en provenance d’Israël sont en réalité produites dans des pays tiers, puis dédouanées sous couvert d’importations israéliennes avant d’être vendues dans les territoires palestiniens occupés.

Dans ce contexte, la croissance de l’économie palestinienne s’est établie à 6 % en 2012, alors qu’elle avait été à deux chiffres au cours des deux années précédentes.

L’impact économique est particulièrement prononcé à Gaza où la croissance a chuté de 21 % en 2011 à 6,6 % en 2012. Ce recul touche principalement le secteur de l’agriculture et de la pêche suite à l’agression israélienne contre Gaza en novembre 2012.

C’est ainsi que, ajoute le rapport, le chômage dans les territoires palestiniens a augmenté de 1 % pour s’établir à 27 % en 2012. Le taux de chômage atteint environ 50 % parmi les jeunes.

D’après l’étude, l’aide sociale accordée par l’Autorité palestinienne a empêché que ce taux soit plus élevé de 18 %, mais la régression de l’aide des donateurs en 2012 a compromis l’aptitude de l’Autorité palestinienne à mettre en oeuvre des mesures de relance économique et budgétaire.