La conjoncture profitera-t-elle aux exportations nationales des médicaments ?

• Le continent africain importe 95% des médicaments consommés sur sol et n’en produit que 3%.

Les exportations des médicaments ne représentent que 10% de la production nationale en temps normal. Sur ces exportations, une infime partie est destinée au marché africain. Mais plusieurs données économiques indiquent que le continent africain pourrait permettre de faire augmenter ce pourcentage, si des mesures facilitatrices sont prises. En effet, le continent africain importe 95% des médicaments et n’en produit que 3%, essentiellement par le Maroc et l’Afrique du Sud. Aussi, selon le rapport annuel sur l’économie de l’Afrique 2020, publié récemment par Policy Center for the new south (PCNS), «l’Union africaine devrait saisir cette conjoncture pandémique pour accélérer la mise en œuvre du Plan de fabrication pharmaceutique pour l’Afrique et l’opérationnalisation de l’Agence africaine du médicament (AAM)», dit le rapport de PCNS. L’AMM, dont le Maroc a signé le traité portant création fin 2019, a comme objectif d’harmoniser les réglementations des médicaments au sein des pays africains. Cet objectif qui passe, selon le PCNS, par «la priorisation des investissements à l’appui du renforcement des capacités réglementaires et en définissant des positions communes au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) sur les droits de propriété intellectuelle». Autre donnée significative soulignée par le rapport de PCNS, les pays africains se sont engagés d’allouer au moins 15 % de leurs budgets publics nationaux à la santé d’ici 2025, conformément à la Déclaration d’Abuja de 2001. Au Maroc, la priorité nationale est de mise actuellement, en attendant que la pandémie de la Covid-19 soit endiguée. La digitalisation de la procédure de demande d’Autorisation spécifique d’exportation des médicaments (ASEM), courant 2020, est passée presque inaperçue.