Istiqlal : les anti-Chabat sont hésitants, mais une scission est inéluctable

Après l’USFP, l’Istiqlal entre dans une zone de turbulences.

Le quartet qui a succédé à feu Ahmed Zaidi à la tête du courant «Ouverture et démocratie», Ahmed Chami, Abdelali Doumou, Mohamed Karam et Taeib Mounchid, vient de rencontrer une commission de dirigeants de l’UNFP pour s’accorder sur les conditions et les modalités de ralliement du parti par les membres du courant. Une rencontre a été également tenue avec l’ancien Premier secrétaire Abderrahmane Youssoufi qui, selon certaines sources, leur aurait donné sa «bénédiction». Il ne reste donc plus qu’à officialiser la décision lors de la rencontre nationale qui aura lieu le 20 décembre à Bouznika. Au Parti de l’Istiqlal la situation est encore floue. Certains membres du courant «Sans répit pour la défense des valeurs de l’Istiqlal» n’écartent pas, eux aussi, une imminente scission.

«Ce n’est qu’une question de temps», affirme un membre du courant. Cependant, Abdelouahed El Fassi (photo) et certains de ses proches ne sont pas de cet avis. Pour eux, il n’est pas question de quitter le parti dans lequel ils ont grandi, pour la plupart. Ils peuvent toujours compter sur le réseau familial et les relations pour remonter à la surface, une fois la parenthèse Chabat refermée. Pour les autres, tous ceux qui ont soutenu ouvertement El Fassi risquent d’abord d’être privés de l’accréditation électorale et, ensuite, d’être écartés des futures instances dirigeantes du parti, le conseil national, le comité central et le comité exécutif. Ils ne font d’ailleurs déjà plus partie d’aucune organisation centrale du parti, ce qui revient à une fin de leur carrière et donc une mort politique.

Ce sont eux qui ne croient plus aujourd’hui en l’unité du parti et estiment inéluctable une scission. Chose contre laquelle le parti a développé une aversion au point de verrouiller son organisation et le processus de prise de décision. C’est que, confie un cadre du parti, depuis le départ en 1959 de son aile gauche qui s’en est allée créer l’UNFP, l’Istiqlal a toujours vécu dans la hantise d’une nouvelle scission.