IER : deux anciens reviennent sur les coulisses des travaux

Leur livre-mémoires vient d’être présenté à la Bibliothèque nationale.

«Kadhalika kane» ou «Ainsi fût-il» est un ouvrage en quatre volumes dans lequel deux membres de l’IER reviennent sur cette étape cruciale dans l’histoire du Maroc. L’ancien exilé politique, le socialiste natif de Chtouka-Aït Baha, M’barek Bouderka et l’avocat Ahmed Chaouki Benyoub retracent cet exercice unique de justice transitionnelle depuis les premières tractations au sein du CCDH pour la création de l’IER jusqu’à l’engagement ferme et sans équivoque fait par l’Etat marocain pour que ce genre de pratiques ne revient plus. Le livre-mémoires des deux éminents membres du CNDH, présenté jeudi 19 janvier à la Bibliothèque nationale, dévoile les coulisses de la mise en place et du travail de l’IER. Il lève le voile sur les enquêtes de l’instance notamment sur les évènements du 23 mars 1965, ceux du 20 juin 1981 ainsi ceux du 14 décembre 1990. Le livre revient également sur des lieux de sinistre mémoire: Tazmammart, Agdez, Dar Bricha, Derb Moulay Cherif, Dar Al Mouqri’e… comme sur l’histoire des hommes, principalement de gauche, disparus, exécutés ou persécutés qui ont payé de leur personne l’évolution démocratique du pays. Le livre révèle des faits inédits et des détails sur les travaux de l’instance qui n’ont jamais été publiés. Rappelons que le mandat de l’IER consistait justement à mener des investigations sur les atteintes aux droits humains pour la période qui commence avec l’Indépendance et prend fin avec la mise en place de la Commission d’arbitrage en 1999. L’IER a, ainsi, pu recueillir les interviews des intéressés, puis décrire, classer, collecter et analyser une quantité impressionnante de témoignages et de dépositions. Ceci représente une ressource particulièrement utile pour appréhender la répression des «années noires» au Maroc.