Guide de l’investisseur de l’AMMC : Comprendre les introductions en Bourse

L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) explique dans le troisième numéro de sa série « guides de l’investisseur », les différents aspects liés aux introductions en bourse (IPO), dans le cadre de sa mission de promotion de l’éducation financière du public.

Ce guide a pour objectif de démystifier les concepts importants à connaître avant la souscription à l’opération, la démarche à entreprendre pour y participer et le suivi à assurer.

 

Qu’est-ce que une introduction en bourse ?

L’admission ou l’introduction en bourse (en anglais « Initial Public Offering », représenté par l’acronyme « IPO »), est une opération financière qui consiste à mettre une partie du capital social d’une entreprise à la disposition du public en contrepartie de nouveaux capitaux collectés.

 

Quel impact sur l’émetteur ?

En s’introduisant en bourse, l’entreprise sollicite le public pour la collecte de son épargne, elle fait donc un appel public à l’épargne (APE) et doit respecter un ensemble d’obligations légales et réglementaires mises en place pour s’assurer de la protection des épargnants qui souscrivent à l’opération initiée par l’entreprise.

Parmi ces obligations, figure la publication du prospectus de l’opération, des informations financières (périodiques et permanentes) et des informations extra-financières.

 

Comment se déroule l’IPO ?

1- Choix du type d’introduction:

Il existe deux grandes catégories d’admission des actions sur le marché, en l’occurrence, les cessions d’actions existantes (appartenant aux actionnaires d’origine) et les augmentations de capital (émissions de nouvelles actions).

2- Choix du marché:

Deux marchés existent pour la cotation des actions au Maroc, à savoir, le marché principal (pour les grandes entreprises) et le marché alternatif (pour les petites et moyennes entreprises (PME)).

Le choix d’un marché au détriment de l’autre dépend de critères tels le total du bilan, le chiffre d’affaires, la fraction du capital à diffuser dans le public et la capitalisation boursière.

3- Choix de la procédure d’introduction:

L’entreprise émettrice choisit la procédure qui correspond le mieux à sa situation, son objectif de financement et l’état du marché.

L’Offre à Prix Fermé (OPF), consiste à mettre à la disposition du public une quantité de titres en fixant un prix ferme, alors que l’Offre à Prix Ouvert (OPO), consiste à mettre à la disposition du public une quantité de titres en fixant une fourchette de prix.

4- Choix des intermédiaires – membres du syndicat de placement:

L’émetteur désigne les sociétés de bourses et/ou les banques qui se chargeront de la collecte des souscriptions, ces intermédiaires financiers sont également connus sous l’appellation membres du syndicat de placement.

Ils prennent en charge le placement des actions durant la période de souscription définie par l’émetteur (pouvant aller de quelques jours à quelques semaines).

5- Préparation du prospectus et procédure de visa de l’AMMC:

Lorsque les travaux de préparation de l’opération sont finalisés, l’émetteur produit le prospectus de l’opération qui reprend tous les éléments relatifs au déroulement de l’opération d’introduction en bourse.

Le prospectus est ensuite soumis au visa de l’AMMC qui s’assure de la complétude et la conformité des informations présentées, à travers une procédure d’instruction et d’analyse du dossier de l’opération.

Une fois le visa de l’AMMC obtenu, l’émetteur a l’obligation de publier le prospectus de l’opération sur son site internet et d’émettre un communiqué de presse dans un journal d’annonces légales informant du visa de l’AMMC et renvoyant vers son site internet pour permettre au public d’avoir accès au détail de l’opération.

 

Quelle démarche suivre pour souscrire à une IPO ?

Après s’être bien informé sur l’opération d’introduction en bourse, l’investisseur qui souhaite y participer devra ouvrir un compte titres puis formuler sa souscription.

– Ouvrir un compte titres: La souscription à une IPO doit être enregistrée dans un compte titres, adossé à un compte espèces ouvert auprès du membre du syndicat de placement.

Il est essentiel de se référer au prospectus de l’opération pour connaître les documents exigés pour sa catégorie de souscripteurs. Les ouvertures de comptes ne peuvent être réalisées que par le souscripteur lui-même, pour son compte et/ou pour celui de ses enfants mineurs.

Lorsque le compte titres est ouvert, l’investisseur devra s’assurer de l’alimenter par la somme équivalente au montant de la souscription formulée.

Les souscriptions doivent être couvertes par dépôt effectif (chèque ou espèces), par collatéral (constitué de titres détenus par le souscripteur) ou par caution bancaire. Pour les souscripteurs personnes physique, 100% du montant de la souscription doit généralement être déposé dans le compte. Cette somme reste bloquée jusqu’à l’allocation des titres.

– Formuler la souscription: L’investisseur devra par la suite formuler sa souscription en renseignant le bulletin de souscription individuel auprès de son intermédiaire financier (banque ou société de bourse membre du syndicat de placement), ce dernier doit s’assurer que le bordereau de souscription est dûment rempli et signé par le souscripteur et doit lui en remettre une copie.

L’ordre de souscription doit être horodaté au moment de sa réception, il est également possible de souscrire via une plateforme internet lorsque l’intermédiaire financier offre ce service.

 

Comment faire le suivi d’une souscription en bourse ?

Une fois l’opération de souscription terminée et les transactions générées, les souscripteurs peuvent consulter le compte rendu publié au niveau du site internet de la société gestionnaire de la bourse pour se renseigner globalement sur les résultats techniques de l’opération par catégorie de souscripteurs: actions demandées, actions attribuées, taux de satisfaction des demandes, etc.

Par ailleurs, chaque souscripteur reçoit un avis adressé par son intermédiaire (banque ou société de bourse) pour lui confirmer le nombre de titres alloués et le cas échéant, le reliquat des espèces à lui restituer.

Lorsque la souscription est achevée et que le souscripteur détient les actions de l’entreprise dans son portefeuille, ce dernier devient actionnaire de cette entreprise avec tous les droits que le statut d’actionnaire lui confère, notamment le droit à la rémunération (dividende), le droit au vote lors des assemblées générales et le droit à l’information.