Gouvernement : l’imbroglio constitutionnel continue

Benkirane est contre une nouvelle investiture, l’opposition s’en remet au Conseil constitutionnel.

L’opposition l’a fait. Ses formations à la deuxième Chambre, où le PAM, l’Istiqlal, l’USFP, l’UC et la FDT détiennent la majorité (153 sièges sur 270), ont déposé un recours auprès du Conseil constitutionnel afin de se prononcer sur la constitutionnalité des séances des questions orales. L’opposition estime non conforme à l’esprit et au texte de la Constitution (art.88) le contrôle d’un gouvernement non encore investi par le Parlement. Entre-temps, elle a décidé de boycotter la séance hebdomadaire des questions orales.

En attendant que le Conseil constitutionnel tranche, la question continue d’alimenter le débat public. Les avis sont plutôt partagés, même au sein de la majorité. Le PJD considère, en effet, que le gouvernement, dans sa deuxième version, est automatiquement investi une fois nommé par le Roi, puisqu’il n’est que la continuité de celui déjà investi en janvier 2012. Pour le parti, il s’agit du même gouvernement, bien que largement remanié, puisque son chef n’a pas démissionné, et du même programme qui a déjà eu l’aval du Parlement. Le PPS n’est pas entièrement de cet avis puisqu’il propose que le gouvernement fasse une déclaration suivie d’un débat sans vote au Parlement. L’opposition, elle, considère qu’en plus de la problématique constitutionnelle que la nomination du nouveau gouvernement pose, il s’agit aussi d’une entorse à l’éthique politique, surtout pour l’Istiqlal et le RNI. Ainsi, l’Istiqlal se verra gêné quand il sera amené à s’opposer à un programme politique qu’il a élaboré. Le RNI se voit, lui aussi, contraint de cautionner un programme auquel il s’est opposé pendant près de deux ans. Les analystes politiques restent également divisés.