François Hollande prend ses fonctions et se rend à  Berlin

Hollande va s’envoler dans l’après-midi vers Berlin pour une première prise de contact avec Angela Merkel.

Le socialiste François Hollande, élu président français, prend officiellement ses fonctions mardi après la passation de pouvoir avec le sortant Nicolas Sarkozy, lors d’une journée forte en symboles marquée également par le déplacement du nouveau chef de l’Etat à Berlin.

Elu le 6 mai avec 51,6% des suffrages, François Hollande, 57 ans, devient le septième président de la Ve République, qui restera cinq ans à la tête d’une des principales puissances mondiales, membre permanent du Conseil de sécurité. Et le premier socialiste à s’installer à l’Elysée depuis 17 ans.

Selon un rite protocolaire minutieux, il est arrivé à 10H00 (08H00 GMT) au palais de l’Elysée par la cour d’honneur, accueilli dans la cour par Nicolas Sarkozy.

Après une poignée de mains, les deux hommes se sont isolés pour la passation de pouvoir à huis clos dans le bureau du sortant qui doit transmettre à l’élu les codes nucléaires et quelques dossiers délicats. La cérémonie d’investiture est prévue dans la foulée, avec à l’issue une allocution et 21 coups de canon.

François Hollande qui prône depuis sa candidature l’idée d’une « présidence normale » a souhaité une cérémonie « sobre » pour marquer le début d’un quinquennat qui s’ouvre sous le sceau de la crise et du chômage et pour lequel il sait qu’il n’aura pas d’état de grâce.

L’événement est organisé sans la présence de ses quatre enfants ni ceux de sa compagne la journaliste Valérie Trierweiler, en rupture avec l’image de famille recomposée qu’avait montrée Nicolas Sarkozy en 2007. Et il n’a convié qu’une trentaine d’invités personnels, selon son entourage, loin des centaines venues assister en 1981 à l’investiture du premier président de gauche François Mitterrand.

« C’est une cérémonie protocolaire, pas une cérémonie de victoire ou d’adieux », a souligné son directeur de communication Manuel Valls.

Suivant la tradition, le nouveau chef de l’Etat devait ensuite remonter en Citroën décapotable l’avenue des Champs-Elysées jusqu’à l’Arc de Triomphe, où il devait raviver la flamme du tombeau du soldat inconnu.

Pour marquer ses priorités –éducation et intégration– à l’orée de son mandat, François Hollande a tenu à rendre hommage à deux figures de l’histoire française: Jules ferry, père de l’école laïque, gratuite et obligatoire, et Marie Curie, née en Pologne et devenue double prix Nobel français de physique et de chimie.

Et pour fêter l’événement avec ses amis et la foule de Parisiens conviés par leur maire socialiste Bertrand Delanoë, c’est à l’Hôtel de Ville qu’il achèvera les cérémonies d’entrée en fonctions.

Rites et symboles accomplis, le nouveau chef de l’Etat, 11 ans à la tête du PS mais qui n’a jamais exercé de fonction ministérielle, devait entrer dès mardi dans le vif du sujet.

Son premier acte sera de nommer son Premier ministre dont le nom sera dévoilé dans l’après-midi.

Selon un ami du président, ce poste devrait revenir à l’un de ses proches, Jean-Marc Ayrault, chef des députés socialistes. L’autre nom souvent évoqué est celui de Martine Aubry, dirigeante du PS qui incarne une aile plus à gauche mais dont les relations avec M. Hollande sont notoirement difficiles.

La composition du gouvernement sera connue mercredi soir pour un premier conseil des ministres qui pourrait avoir lieu dès le lendemain.

Son deuxième acte de chef de l’Etat sera, comme l’avait fait Nicolas Sarkozy en 2007, de s’envoler dans l’après-midi vers Berlin pour une première prise de contact avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait soutenu son rival Sarkozy pendant la campagne.

Les deux dirigeants vont se rencontrer sous pression de la crise en Grèce et sur fond de profond désaccord sur le pacte européen de discipline budgétaire que M. Hollande veut renégocier pour y introduire un volet croissance, ce à quoi Mme Merkel est opposée.

L’idée est de discuter « très franchement » pour « trouver les bons compromis », a expliqué lundi soir M. Hollande à la télévision France 2.

Selon Berlin, cette rencontre entre les deux dirigeants, résolus par ailleurs à continuer de faire du couple franco-allemand le moteur de l’UE, ne vise pas à « prendre des décisions » mais à « faire connaissance ».